L'OCDE recommande de "vastes réformes" au Brésil

L'OCDE recommande de
Le secrétaire général de l'OCDE Angel Gurria, ici à Londres le 17 octobre 2017, qui doit rencontrer mercredi le président brésilien Temer Matt Dunham

Le Brésil devra mettre en place une série de réformes, notamment celle des retraites, pour réduire son déficit budgétaire et ses inégalités sociales, a recommandé mercredi l'OCDE, dont le secrétaire général s'est rendu à Brasilia.

"L'embellie se confirme au Brésil" mais "les inégalités restent accentuées et les comptes publics se sont détériorés de façon substantielle, exigeant de vastes réformes", a affirmé l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) lors de la présentation de son dernier rapport sur ce pays.

"Il sera nécessaire, pour que l’économie reparte à plein régime, d'accroître les investissements, de gagner en productivité et de s'intégrer plus profondément dans l'économie mondiale", indique ce rapport.

"Le Brésil doit continuer sur la voie des réformes structurelles, afin d'assurer sa viabilité budgétaire et de faire en sorte que la croissance profite à tous".

Le Brésil et d'autres pays d'Amérique Latine comme le Pérou ou la Colombie ont engagé ces dernières années des discussions pour devenir membres à part entière de cette organisation basée à Paris et fondée il y a plus de 50 ans pour favoriser le libre-échange.

Le rapport de l'OCDE recommande une administration plus efficace des dépenses sociales pour améliorer la redistribution et réduire le déficit.

"Cela exigera des décisions politiques difficiles, notamment en ce qui concerne les retraites", explique le texte.

"La priorité du Brésil dans l'immédiat est de mener une réforme complète de son régime de retraite", souligne l'OCDE, car "faute d’une réforme significative des dépenses publiques obligatoires, la viabilité budgétaire du pays pourrait être compromise".

La réforme des retraites, qui était un des projets-phare d'une série de mesures d'austérité lancées par le président Michel Temer, a été enterrée la semaine dernière, faute de pouvoir réunir les votes nécessaires au Parlement.

- Pays inégalitaire -

Vendredi dernier, l'agence Fitch Ratings a abaissé la note souveraine du Brésil de BB à BB-, évoquant "un revers important dans le programme de réformes, qui mine la confiance dans la trajectoire à moyen terme des finances publiques et dans l'engagement politique sur ce sujet".

Dès mercredi, l'agence Moody's avait estimé que le fait que le gouvernement ait jeté l'éponge était un mauvais signe pour la note souveraine du Brésil (Ba2, catégorie spéculative), avertissant qu'elle pourrait éventuellement être abaissée.

À la mi-janvier, Standard and Poor's avait abaissé à BB- la notation du pays, en raison d'un premier report du vote de la réforme, prévu initialement pour décembre.

L'OCDE estime aussi que "le Brésil ne profite pas des avantages liés à l'intégration dans l'économie mondiale car sa politique commerciale a eu pour priorité de préserver les marchés intérieurs plutôt que de faciliter l'accès aux marchés étrangers".

Dans son rapport, l'OCDE a également considéré le Brésil comme "un des pays les plus inégalitaires au monde", au détriment notamment des jeunes et des minorités raciales. Le texte souligne aussi que la différence de rémunération entre les hommes et les femmes est 10% supérieure à la moyenne des 35 Etats-membres de l'organisme.

Le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, doit rencontrer mercredi le président Temer, le ministre de l'économie Henrique Meirelles et le président de la Banque centrale du Brésil, Ilan Goldfajn.

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