La Bourse de Paris encore morose (-0,27%)

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La Bourse de Paris restait morose vendredi à la mi-journée (-0,27%), résistant tant bien que mal aux inquiétudes liées à la politique monétaire de la banque centrale américaine et à la croissance mondiale.

À 13H15 (12H15 GMT), l'indice CAC 40 perdait 12,83 points à 4.679,63 points, son plus bas niveau en séance depuis deux ans, dans un volume d'échanges de 2,2 milliards d'euros. La veille, il avait fini déjà en nette baisse.

Après avoir ouvert en légère baisse, la cote parisienne a fluctué dans le rouge.

De son côté, Wall Street se préparait également à ouvrir en terrain négatif. Le contrat à terme sur l'indice vedette Dow Jones Industrial Average cédait 0,24%, celui de l'indice élargi S&P 0,37% et celui du Nasdaq, à dominante technologique 0,47%.

"Le rebond n'est pas pour maintenant!", a commenté Franklin Pichard, directeur général chez Kiplink Finance.

Les marchés mondiaux évoluent dans le rouge depuis mercredi, les investisseurs ayant été refroidis par les conclusions de la dernière réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed).

L'instution a relevé, comme prévu, ses taux directeurs d'un quart de point. Elle a également revu à la baisse ses anticipations de croissance et d'inflation pour 2018 et 2019 et ses perspectives de hausses de taux pour l'an prochain (de trois à deux), une position jugée plus offensive que prévue.

"Les marchés n'ont pas apprécié la communication de la Fed, jugeant le discours décalé, trop éloigné des inquiétudes sur la croissance dans le monde", a expliqué M. Pichard.

Autre sujet d'inquiétude: une possible paralysie de certaines administrations américaines ("shutdown") dès vendredi minuit.

Le président Donald Trump a refusé jeudi de signer un compromis budgétaire sur le financement du gouvernement, faute d'avoir obtenu des fonds pour un mur à la frontière avec le Mexique.

"Un +shutdown+ sur la période des fêtes de Noël pourrait perturber et affaiblir un peu plus l'économie américaine", ont souligné les analystes du courtier Aurel BGC.

A cela s'ajoute, des craintes au sujet des relations sino-américaines, les Etats-Unis ayant annoncé l'inculpation de deux Chinois accusés d'avoir mené des cyberattaques contre 12 pays, provoquant l'ire de Pékin.

"Dans cet environnement de défiance, cette journée sera marquée également par la dernière séance dite des quatre sorcières de 2018", qui se caractérise par l'expiration simultanée de plusieurs types de contrats et options sur les marchés, a indiqué M. Pichard.

"Encore un nouvel élément pouvant accroitre davantage le niveau de volatilité", a-t-il précisé.

Dans ce contexte morose, les investisseurs ont pris connaissance d'une série de statistiques peu encourageantes.

Le moral plutôt élevé des consommateurs allemands devrait se stabiliser en janvier, selon l'étude mensuelle de l'institut GfK.

En France, l'Insee a revu à la baisse la croissance au troisième trimestre à 0,3%, la consommation des ménages s'est repliée en novembre et le climat des affaires a "nettement fléchi" en décembre, tombant à son plus bas niveau en deux ans.

Outre-Atlantique, l'estimation finale de la croissance du PIB pour le troisième trimestre, les commandes de biens durables pour novembre ainsi que les dépenses et revenus des ménages du même mois étaient attendus.

- Spie recherché -

En matière de valeurs, Spie gagnait 4,81% à 11,33 euros, soutenu par un accord avec le groupe néerlandais Boskalis, à qui il cèdera son activité de câblage sous-marin en Allemagne, pour un montant non communiqué.

Suez reculait de 0,80% à 11,72 euros, après que Bertrand Camus a été désigné pour succéder en mai prochain comme directeur général à Jean-Louis Chaussade, qui arrivera au terme de son mandat.

Carrefour était lesté (-2,36% à 14,50 euros) par un abaissement de sa recommandation par Alphavalue.

Technicolor était pénalisé (-14,44% à 0,89 euro) par l'abaissement de sa prévision d'excédent brut d'exploitation (Ebitda) ajusté pour l'année 2018.

Aperam perdait 1,67% à 21,87 euros, affecté par la renonciation du groupe à acquérir le groupe allemand VDM Metals, à la suite de craintes formulées par l'Union européenne sur le projet de fusion.

PSB Industries grimpait de 2,96% à 41,80 euros, profitant de l'approbation par les actionnaires du groupe de la scission de l'activité chimique.

DBV Technologies rebondissait de 26,78% à 9,78 euros, au lendemain d'un effondrement de près de 70%, provoqué par le retrait de sa demande d'autorisation de mise sur le marché aux Etats-Unis de son produit le plus avancé, Viaskin Peanut, un patch de désensibilisation à l'allergie à l'arachide.

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