La Bourse de Paris optimiste coûte que coûte (+0,59%)

La Bourse de Paris optimiste coûte que coûte (+0,59%)
Salle de contrôle d'Euronext, l'opérateur de la Bourse de Paris, à La Défense, le 27 avril 2018ERIC PIERMONT
paris

La Bourse de Paris continuait d'avancer (+0,59%) mercredi matin, à l'orée d'une séance riche en indicateurs et qui sera marquée également marquée par la reprise des négociations commerciales sino-américaines et la décision de la Fed.

A 09H54, l'indice CAC 40 grimpait de 29,08 points à 4.957,26 points. La veille, il avait fini en progression de 0,81%.

"Est-ce que les négociations sino-américaines apporteront un peu plus de clarté aux investisseurs que le Brexit? Sans doute pas car les responsables américains et chinois ne devraient pas s'épancher sur le contenu des négociations sachant qu'il reste encore un mois avant la fin de la trêve", a indiqué dans une note Tangi Le Liboux, un stratégiste du courtier Aurel BGC.

Les Etats-Unis et la Chine reprennent mercredi leurs délicates négociations commerciales dans un climat de tension extrême, alimentée par la série d'inculpations visant le géant des télécoms chinois Huawei et l'un des ses dirigeants.

Sur le front du Brexit, à seulement deux mois de la date de divorce prévue, la Première ministre Theresa May a obtenu mardi des députés britanniques un "mandat" pour rouvrir les négociations avec Bruxelles, mais l'Union européenne a immédiatement refusé, un dialogue de sourds à l'issue incertaine.

Les investisseurs seront également attentifs à ce qui pourrait sortir de la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), même si sa décision sera rendue après la clôture des Bourses européennes.

"Il n'y a pas beaucoup de doutes sur l'issue de la réunion du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) qui va aboutir à un statu quo de politique monétaire", a estimé dans une note Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

"Le vrai enjeu de cette réunion va être d'apporter une réponse à une question lancinante du marché concernant un éventuel arrêt du +quantitative tightening+ (réduction du bilan de la Fed, NDLR), suite à la rumeur en ce sens véhiculée par le Wall Street Journal en fin de semaine dernière", a-t-il poursuivi.

Du côté des indicateurs, les investisseurs auront beaucoup à digérer ce mercredi.

La France a vu sa croissance s'élever à 1,5% en 2018, contre 2,3% en 2017, malgré un résultat légèrement supérieur aux attentes au quatrième trimestre, où le produit intérieur brut a augmenté de 0,3%.

Toujours dans l'Hexagone, la consommation des ménages en biens s'est quant à elle repliée de 1,5% en décembre, après avoir déjà légèrement reculé en novembre (-0,1%), dans un contexte de perturbations liées au mouvement des "gilets jaunes".

En Allemagne, le moral des consommateurs va s'améliorer en février, les perspectives favorables sur le marché du travail compensant celles en baisse sur la croissance, selon l'étude mensuelle de l'institut GfK publiée mercredi.

Les chiffres de l'inflation pour janvier complèteront l'agenda outre-Rhin.

La zone euro doit également publier ses données sur la confiance des consommateurs pour janvier.

Enfin, aux Etats-Unis sont attendus les chiffres de la croissance pour le quatrième trimestre ainsi que les créations d'emploi dans le secteur privé (enquête ADP).

- Atos et Alten s'envolent -

En matière de valeurs, Atos prenait la tête du CAC 40 (+9,05% à 82,44 euros), propulsé par l'annonce de la cession à ses actionnaires de 23,4% de sa filiale de paiement électronique Worldline (-5,05% à 45,10 euros), dont il conservera 27,4% du capital.

LVMH gagnait 5,70% à 274,55 euros, profitant d'une nouvelle année "record" en 2018, avec des ventes au plus haut à 46,8 milliards d'euros, en croissance de 10%, et un bénéfice net en hausse de 18% à 6,4 milliards d'euros.

Dans son sillage, ses concurrents Kering (+3,87% à 434,60 euros) et Hermès (+2,66% à 516,40 euros) étaient également bien orientés.

Alten bondissait de 8,06% à 83,75 euros, fort d'un chiffre d'affaires qui a grimpé de 14,4% à 2,27 milliards euros sur l'année 2018, dont une croissance organique de 12%.

Euronext reculait de 2,66% à 53,05 euros après que l'opérateur boursier américain Nasdaq, son concurrent, a annoncé qu'il allait lancer une offre publique d'achat (OPA) amicale de près de 770 millions de dollars (673 millions d'euros) sur la Bourse d'Oslo, soit près de 50 millions de plus que le prix offert par l'opérateur paneuropéen.

Renault était stable (+0,03% à 61,33 euros). Dans un entretien au quotidien Nikkei, l'ex-PDG du groupe, Carlos Ghosn, incarcéré au Japon pour des malversations financières présumées, s'est dit victime "d'un complot et d'une trahison" de la part de dirigeants de Nissan opposés à son projet d'intégration entre Renault et ses alliés japonais.

Bic cédait 2,47% à 84,95 euros après un début de suivi de son titre à "neutre" par MainFirst Bank.

Alstom grappillait 0,28% à 35,86 euros tandis que le patron de Siemens a déploré mercredi que le projet de fusion avec le transporteur ferroviaire, menacé d'un véto de la Commission européenne, puisse être dans les mains de "technocrates rétrogrades".

TechnipFMC ne profitait guère (-0,69% à 20,16 euros) de l'annonce d'un contrat remporté auprès de la société Lundin Norway pour la livraison et l'installation d'équipements sous-marins en mer du Nord à une profondeur de 110 mètres.

Chargeurs montait de 1,47% à 19,31 euros. Le groupe industriel diversifié a publié mercredi des ventes en hausse de 7,6% en 2018 à 573,3 millions d'euros et un bénéfice opérationnel courant en hausse de 10%, soutenus par l'amélioration opérationnelle, la montée en gamme et des acquisitions.

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