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La centrale à charbon de Cordemais pourra fonctionner au-delà de 2022

La centrale à charbon de Cordemais pourra fonctionner au-delà de 2022
La centrale à charbon de Cordemais, le 28 septembre 2018 en Loire-AtlantiqueLOIC VENANCE

La centrale à charbon de Cordemais (Loire-Atlantique) pourra fonctionner au-delà de 2022 pour garantir l'approvisionnement en électricité de la Bretagne, si son projet de conversion à la biomasse réussit, a annoncé le ministre de la Transition écologique dans un courrier aux syndicats dévoilé vendredi.

François de Rugy, qui rappelle que le gouvernement s'est engagé à fermer toutes les centrales à charbon d'ici 2022, affirme cependant que ce calendrier devra "bien évidemment prendre en compte la nécessité d'assurer la sécurité d'approvisionnement".

"La préservation de la sécurité d'approvisionnement est (...) un prérequis à la fermeture", insiste M. de Rugy.

Il souligne notamment "l'importance" de la centrale de Cordemais dans l'approvisionnement de la péninsule bretonne, qui dispose de peu de moyens de productions propres, ainsi que "les incertitudes" entourant les dates de mise en service du réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche) et de la centrale à gaz à Landivisiau (Finistère), censés couvrir les besoins électriques de l'ouest de la France après 2020.

Dans un message à l'AFP, le Réseau de transport d'électricité (RTE) qui doit livrer bientôt une "analyse technique" sur l'équilibre offre-demande dans l'Ouest, estimait jeudi que la mise en service de l'EPR de Flamanville, de la centrale de Landivisiau et d'un parc éolien en mer ne rendraient "plus indispensable la production de Cordemais".

Mais si l'EPR ne fonctionne pas, "la fermeture de la centrale de Cordemais entraîne bien un risque spécifique", prévenait le gestionnaire de réseau en 2018.

A Cordemais, EDF teste un dispositif de cocombustion à base de biomasse, avec pour objectif de parvenir à un ratio de 80% de biomasse et 20% de charbon à "l'hiver 2022/2023", avant d'atteindre le "100% biomasse à horizon 2025/2027", selon Gwenael Plagne, délégué syndical CGT d'EDF, et un essai a été validé en août.

Qualifiant ce projet d'"intéressant", les ministres estiment que l'utilisation de biomasse "pour un nombre d'heures limité aux besoins du réseau, pourrait le cas échéant s'accompagner d'une fraction de charbon, dans des proportions ne dépassant pas toutefois 20% des volumes totaux".

"La première étape de la lutte pour gagner un avenir à la centrale à charbon a été franchie. Le verrou de 2022 pour la centrale de Cordemais n'est plus un couperet", s'est félicité M. Plagne, dans un message à l'AFP, à l'issue d'une réunion avec les représentants syndicaux au ministère de la Transition écologique jeudi matin. Les salariés ont toutefois décidé de "maintenir la pression" pour obtenir une "reconversion des deux tranches de la centrale".

"Face à l'aggravation du dérèglement climatique, il faut laisser les énergies fossiles dans le sol, réduire nos consommations et accompagner les salariés et territoires impactés", a de son côté protesté Cécile Marchand, chargée de campagne climat aux Amis de la Terre.

Située en bord de Loire, à 30 km à l'ouest de Nantes, la centrale de Cordemais emploie 378 salariés EDF et 250 salariés d’entreprises prestataires.

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