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La croissance confirmée à 0,2% au deuxième trimestre

La croissance confirmée à 0,2% au deuxième trimestre
Evolution trimestrielle de la croissance française en % du PIB AFP

La croissance économique a bel et bien plafonné à 0,2% en France au deuxième trimestre, en raison notamment d'une légère baisse de la consommation, selon une deuxième estimation publiée mercredi par l'Insee.

Ce chiffre, qui confirme une première évaluation publiée fin juillet par l'organisme public, rend définitivement hors d'atteinte les 2% de croissance initialement prévus par le gouvernement en 2018.

Il confirme le trou d'air traversé depuis plusieurs mois par l'économie française, qui peine à retrouver de l'élan après une année 2017 très dynamique, marquée par des rythmes de croissance trimestrielle de 0,7%.

En cause, selon l'Insee: la consommation des ménages, qui a reculé de 0,1% entre avril et juin après avoir augmenté de 0,2% lors du premier trimestre, plombée notamment par la grève de la SNCF.

La consommation en biens s'est ainsi repliée de 0,3% tandis que celle de services a plafonné à 0,1%, avec une baisse de 2,7% dans les transports, "principalement dans le transport ferroviaire".

Le commerce extérieur a également eu un impact négatif sur le PIB, de l'ordre de 0,3 point, la forte hausse des importations (+1%) n'ayant été que partiellement compensée par celle des exportations (+0,2%).

La seule bonne nouvelle est à chercher du côté de l'investissement des entreprises, qui a accéléré (+1,3% après +0,1% au premier trimestre).

Au total, l'acquis de croissance - c'est-à-dire le niveau que le PIB atteindrait si l'activité ne progressait pas d'ici la fin de l'année - atteignait fin juin 1,3%. L'organisme public prévoit 1,7% de croissance pour l'ensemble de l'année.

Dans son projet de loi de finances, voté en décembre, Bercy avait prévu 1,7% de croissance pour 2018. Mais ce chiffre avait été relevé à 2% dans le cadre du programme de stabilité envoyé fin avril à Bruxelles, considéré comme la dernière prévision officielle du gouvernement.

Depuis, le gouvernement a abandonné cet objectif, sans donner de nouvelle cible.

Cette situation complique l'équation budgétaire de Bercy, qui devrait compter avec des recettes fiscales moins élevées qu'attendu en 2018 et en 2019, et donc avec un déficit plus important.

Concernant 2018, "il n'y aura pas 2,3% de déficit", a reconnu lundi le ministre des Finances Bruno Le Maire, évoquant le chiffre de 2,6%. Concernant 2019, la cible de 2,4% devrait là aussi être abandonnée. "Notre objectif est de tenir l'objectif des 3%", a-t-il assuré.

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