La croissance française a décollé en 2017

Consommation

La fin d'un "long tunnel": la croissance économique a nettement accéléré en France l'an dernier pour atteindre 1,9%, son plus haut niveau depuis six ans, dans un contexte porteur au niveau international et européen.

Ce résultat, conforme aux dernières prévisions publiées par l'Insee et par la Banque de France, est de loin supérieur à celui de 2016, où la croissance tricolore avait patiné à 1,1%, sur fond de grèves et d'intempéries.

Il reste toutefois nettement inférieur à celui de la zone euro, qui a connu en 2017 une hausse de 2,5% de son produit intérieur brut (PIB), du jamais vu depuis dix ans, selon l'Office européen de statistiques Eurostat.

"C'est le meilleur chiffre que l'économie française ait obtenu depuis 2011", s'est tout de même félicité le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, vantant "une France qui retrouve des couleurs économiques".

"Il faut que cette croissance profite à tous les Français, et c'est ça peut-être le défi le plus important", a poursuivi le ministre.

Le locataire de Bercy avait auparavant attribué dans un communiqué l'accélération de la croissance au "retour de la confiance des ménages et des entrepreneurs depuis l'élection" d'Emmanuel Macron en mai.

Une affirmation qui a poussé Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture lors du précédent quinquennat et candidat à la tête du Parti socialiste, à souligner que "toutes les mesures qui ont des effets concrets" aujourd'hui sur la croissance avaient été "prises par François Hollande".

Selon l'Insee, les bons résultats de 2017 s'expliquent notamment par les chiffres du quatrième trimestre, où la croissance a atteint 0,6%. L'organisme public a en revanche légèrement révisé à la baisse le chiffre du troisième trimestre, à +0,5% contre +0,6%.

"Au total, la France a enregistré cinq trimestres à plus de 0,5% de croissance. On n'avait pas vu ça depuis un moment", insiste Stéphane Colliac, économiste chez Euler Hermes, qui évoque un "décollage économique" après "un long tunnel".

Dans sa dernière loi de finances, votée fin 2017, le gouvernement avait pronostiqué une hausse de l'activité de 1,7% sur l'ensemble de l'année. Mais Bruno Le Maire avait laissé entendre récemment que le résultat pourrait être supérieur aux attentes et "approcher les 2% en 2017".

- "Entreprises offensives" -

Selon l'Insee, l'économie française a essentiellement profité l'an dernier d'une accélération de l'investissement, tant du côté des entreprises (+4,3% après +3,4% en 2016) que des ménages (+5,1% après +2,4%).

"C'est la preuve que les entreprises sont offensives et optimistes quant à leurs perspectives économiques", relève Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture chez Xerfi.

Les dépenses de consommation, biens et services confondus, ont en revanche ralenti à 1,3% sur l'ensemble de l'année, après une hausse de 2,1% en 2016.

Les exportations ont quant à elles enregistré une hausse de 3,5%, après +1,9% en 2016. Les échanges commerciaux ont néanmoins continué de peser sur l'activité, amputant la croissance de 0,4 point de PIB contre 0,8 point de PIB en 2016, en raison du dynamisme des importations (+4,3%).

Le déficit commercial, talon d'Achille de l'économie française, est "encore élevé, mais les exportations se sont très bien comportées en fin d'année, ce qui est de bon augure pour 2018", décrypte Stéphane Colliac.

La France pourra-t-elle poursuivre sur sa lancée, voire dépasser le cap symbolique des 2% de croissance cette année? "C'est probable", juge Alexandre Mirlicourtois, qui insiste sur le "contexte porteur" au niveau de la zone euro.

D'après l'Insee, la France devrait garder la cadence en 2018: l'institut statistique prévoit ainsi une croissance de 0,5% puis de 0,4% aux premier et deuxième trimestres 2018, grâce notamment à la bonne tenue des exportations.

Le gouvernement table pour l'heure sur une hausse de 1,7% du PIB cette année, mais n'écarte pas une éventuelle bonne surprise.

"L'important pour 2018 sera de mettre l'accent à nouveau sur l'investissement des entreprises afin de relâcher les contraintes physiques sur la production", juge Philippe Waechter, économiste chez Natixis AM, qui met en garde contre les difficultés de "recrutement" rencontrées par de nombreuses entreprises.

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