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La Fashion Week de Milan, entre diversité et inclusion

Italie, Mode

Quelque 60 défilés, 81 présentations et une trentaine d'événements sont au programme de la Fashion Week féminine de Milan, dont le coup d'envoi a été donné mardi soir par Benetton et qui se déroulera sous le signe de la diversité et de l'inclusion.

Cette Fashion week s'est ouverte dans l'émotion en raison du décès du couturier français Karl Lagerfeld, mardi à l'âge de 85 ans.

"Merci Karl!", a lancé Jean-Charles de Castelbajac, le nouveau directeur artistique de Benetton, qui a présenté sa première collection pour la marque italienne.

Un défilé baptisé "Rainbow machine", qui a renoué avec l'ADN de Benetton, les couleurs et la maille notamment, afin de relancer la marque en difficultés depuis le début de la décennie.

D'autres grandes maisons italiennes prendront la suite pour présenter leurs collections de prêt-à-porter Automne-Hiver, de Fendi à Prada en passant par Giorgio Armani, Missoni, Antonio Marras, Moschino ou Roberto Cavalli.

Gucci fera un retour attendu en Lombardie après son escapade parisienne la saison dernière tandis que la Vénitienne Bottega Veneta, absente du calendrier de septembre, reviendra pour présenter la première collection de son nouveau directeur artistique, le Britannique trentenaire et transfuge de Céline, Daniel Lee.

Maison Martin Margiela viendra pour la première fois à Milan présenter la nouvelle collection de sa ligne MM6. Ce sera aussi une première pour le jeune designer italien Marco Rambaldi, de même que pour Marios, griffe féminine lancée par les designers Mayo Loizou et Leszek Chmielewski ainsi que pour la créatrice portugaise Alexandra Moura.

- Oublier les scandales -

Pour certaines enseignes, cette Fashion week sera l'occasion de faire oublier les scandales et les polémiques survenus ces derniers mois. Comme Dolce & Gabbana, boycotté en Chine après la publication sur les réseaux sociaux de vidéos considérées racistes et sexistes, et qui aura à coeur de redonner confiance dans ce qui est son message depuis l'origine, l’inclusion.

Idem pour Prada, obligé de retirer des vitrines de Noël de petits singes rappelant l'iconographie raciste du "blackface", cette pratique théâtrale américaine du XIXe siècle qui voyait des acteurs blancs se grimer de façon caricaturale et stéréotypée pour incarner une personne noire.

Plus récemment, c'est Gucci qui a été accusé de racisme pour la commercialisation d'une cagoule noire issue de sa dernière collection.

Egalement sur les podiums, la marque spécialisée dans l'hiver et la montagne Moncler prônera l'ouverture à travers le décloisonnement des publics. Après la présentation mercredi en avant-première de ses nouvelles collections Genius à des invités triés sur le volet, elle s'ouvrira au grand public dimanche, en accès libre et dans un lieu inédit situé sous les rails de la gare centrale de Milan.

La semaine de la mode est aussi et surtout un grand moment de marché. En 2018, l'événement avait généré un chiffre d'affaires de 160 millions d'euros, des résultats annoncés en préambule de la kermesse par Carlo Capasa, président de la Chambre nationale de la mode italienne.

L'activité du secteur devrait connaître un léger ralentissement par rapport aux années précédentes, les experts prévoyant un petit 1% de croissance en 2019 au lieu des 2,5% de l'exercice précédent.

L’export de la mode Made in Italy reste un élément fondamental du développement économique de la péninsule dont le premier client n’est autre que la France, pays avec lequel les tensions politico-diplomatiques se sont accumulées ces derniers mois.

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