La région IDF s'engage sur les énergies renouvelables, sans moyens suffisants selon l'opposition

La région IDF s'engage sur les énergies renouvelables, sans moyens suffisants selon l'opposition
Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, à Paris le 30 janvier 2018ERIC PIERMONT

La région Ile-de-France, présidée par Valérie Pécresse (LR) a adopté mardi sa stratégie Energie-Climat, qui prévoit que les énergies renouvelables représenteront en 2030 40% de la consommation francilienne, avec un objectif de 100% en 2050.

L'opposition de gauche, qui s'est abstenue, a jugé ces ambitions louables mais "irréalisables", critiquant notamment le "manque de moyens" pour mettre en oeuvre cette stratégie. Ont voté pour la majorité régionale LR-UDI-Modem et le Rassemblement national.

"La région IDF était la dernière de la classe en matière de politique énergétique", a déclaré Mme Pécresse, affirmant que sa stratégie était "ambitieuse mais réaliste".

Elle a défendu "trois principes": la "sobriété", en réduisant de 40% la consommation énergétique régionale d'ici 2050, "la production d'énergie renouvelable" en la multipliant par quatre sur le territoire, et "la réduction de la dépendance énergétique", notamment vis- à-vis des énergies carbonées et du nucléaire, "en tendant vers une région 100% énergie renouvelable en 2050".

"Notre région est en retard, particulièrement dépendante - 90% d'énergie importée,- et produit moins de 8% d'énergie renouvelable", a ajouté Jean-Philippe Dugoin-Clément (UDI), vice-président chargé de l'écologie et du développement durable. La région veut notamment "être exemplaire, dans les domaines qui lui sont propres (lycées, transports, formation)", a-t-il dit.

Le plan énergie-climat va miser sur "l'énergie éolienne, la géothermie, les énergies de récupération des déchets, le solaire voltaïque, la biomasse, l'hydrogène et la micro-électricité", a expliqué Mme Pécresse.

La région entend également s'opposer à la construction de toute centrale nucléaire sur le territoire francilien, et à sortir du diesel d'ici 2030 - si l'État met en place "des mesures d'accompagnement social du type prime à la casse, aide à la transition énergétique".

Elle prévoit aussi la mise en place d'une "COP énergie-climat IDF", une conférence régionale qui réunira chaque année tous les acteurs de la transition énergétique.

Ce projet sera doté d'un investissement de 150 millions d'euros d'ici à la fin de la mandature, soit "une augmentation de 64% par rapport à la moyenne de ce qui a été réellement dépensé ces dix dernières années", a affirmé M. Dugoin-Clément.

"Il n'existe aucune déclinaison budgétaire de votre schéma", a estimé le groupe Ensemble (ex PS), déplorant que "rien n'est fait pour accompagner concrètement les Franciliens dans la sortie du diesel".

- "pas confiance" -

"Nous pourrions croire que vous être prête à rejoindre nos rangs", mais "nous n'avons pas confiance", a dit Emmanuelle Cosse pour le groupe RCDEC (ex Radicaux de gauche), qui a noté "des manques importants", concernant "les secteurs d'émissions de gaz à effet de serre".

Pour le Front de Gauche, "150 millions sur trois ans, c'est peu, c'est beaucoup trop peu", d'autant que "les moyens régionaux consacrés à la politique environnementale n'ont cessé de subir des coupes successives".

Même constat pour le groupe AES (EELV et des socialistes), qui a salué "des points positifs", mais souligné une "contradiction manifeste entre les promesses et la réalité de votre politique depuis deux ans et demi".

Le Rassemblement national (ex FN) a quant à lui critiqué le choix d'abandonner le diesel. "Vous marchez dans les pas d'Anne Hidalgo", a dit Wallerand de Saint-Just.

Le Modem a défendu le "développement du photovoltaïque sur les toitures des bâtiments implantés dans les zones d’activité économique". Mais son président Yann Wehrling a regretté, comme le groupe RCDEC, "l'insistance de l'exécutif" à vouloir "démanteler l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie)", que la région souhaiterait voir "décentralisée".

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