La région Paca pousse les feux pour l'ouverture des TER à la concurrence

La région Paca pousse les feux pour l'ouverture des TER à la concurrence
Des centaines de travailleurs du rail manifestent contre la privatisation du service TER, à Marseille, le 2 février 2017BORIS HORVAT

La région Paca qui veut ouvrir à la concurrence le plus tôt possible son réseau de trains express régionaux (TER), a franchi une nouvelle étape en appelant les opérateurs intéressés à se manifester d'ici le 20 mars, selon un document consulté mardi par l'AFP.

Le président du conseil régional Renaud Muselier (LR) souhaiterait que Provence-Alpes-Côte d'Azur soit la première à ouvrir ce marché à la concurrence, au plus tôt en décembre 2019 selon la législation et la réglementation européenne.

En attendant, alors que le gouvernement a ouvert au niveau national le débat sur la réforme de la SNCF, la région a publié un "appel à manifestations d'intérêts". A la différence d'un appel d'offres, il n'entraîne aucune obligation, ni pour la région ni pour les entreprises, publiques ou privées, françaises ou étrangères, qui répondront. Elles seront indemnisées, 30.000 euros chacune, si elles sont allées au bout du processus de consultation.

"La région entend ainsi préparer la prochaine ouverture à la concurrence (...) et initier des premiers échanges, de façon égalitaire, avec les entreprises susceptibles d’être intéressées à l’avenir", précise le règlement de cet appel, transmis à l'AFP par la région.

"La consultation (...) doit permettre de recueillir des avis techniques en vue de définir aux mieux les services qui pourraient faire l’objet des premiers appels d’offres en 2019. L’objectif principal pour la région est l’amélioration du service TER, une meilleure fiabilité des trains, et une maîtrise des coûts".

"Nous sommes la première région à publier un tel appel à manifestation d'intérêt", a affirmé à l'AFP Philippe Tabarot, vice-président de la région chargé des transports. Les prestations, allant de la circulation des trains à la maintenance en passant par la sûreté, concernent les principales lignes de la région : Marseille–Nice–Vintimille, Nice–Breil–Tende et Marseille–Briançon–Valence notamment.

"C'est une nouvelle provocation de la région Paca qui anticipe sur la loi et qui stigmatise et ment sur les cheminots" de la SNCF, a commenté Pascal Guglielmi, l'un des responsables CGT Cheminots de la région, interrogé par l'AFP.

Alors que les infrastructures ferroviaires sont saturées en Paca, la région a engagé depuis plus d'un an un bras de fer avec la SNCF, refusant de signer la convention qui encadre l'exploitation des TER au motif qu'il y avait notamment trop de retards et d'annulations.

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