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La Suisse à la pointe des cryptomonnaies

La Suisse à la pointe des cryptomonnaies
Face au développement des cryptomonnaies, Bercy met en garde contre toute tentative de fraude fiscaleJustin TALLIS
INFORMATIQUE

La Suisse fait partie des pays les plus actifs dans le domaine des cryptomonnaies, des levées de fonds pour les monnaies virtuelles et de la technologie dite du blockchain, à la base de ces nouvelles devises.

Les habitants de Zurich peuvent venir créditer leur compte en bitcoin dans quelques distributeurs automatiques installés à travers la ville, le premier projet pilote datant de quatre ans déjà. Et les chemins de fer fédéraux proposent depuis fin 2016 d'acheter des bitcoins dans pas moins de 1.000 bornes à billets.

Zoug, un canton du centre de la Suisse connu pour sa fiscalité favorable aux entreprises, est pour sa part le lieu de naissance de l'ether, une unité de compte virtuelle considérée comme l'une des principales concurrentes du bitcoin. Le canton s'est d'ailleurs vu attribuer le surnom de "Crypto-Valley", en raison de l'implantation de nombreuses start-up et sociétés actives dans ce secteur.

Un peu partout, les initiatives se multiplient.

En 2016, la ville de Zoug a proposé de payer certains services et frais administratifs en bitcoin. A terme, l'idée serait de pouvoir également payer ses impôts en bitcoin, comme cela se fait déjà pour certains d'entre eux à Chiasso, près de l'Italie.

Sur les six plus grandes levées de fonds en cryptomonnaies (ICO) réalisées en 2017, quatre ont eu lieu en Suisse, a chiffré mardi la Finma, l'autorité de surveillance des marchés.

Cet organisme a publié en février un guide pratique visant à déterminer comment le droit régissant les marchés financiers, notamment concernant le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, doit s'appliquer à ce secteur encore difficile à appréhender en raison de l'extrême diversité des levées de fonds et de l'absence de jurisprudence.

Les banques suisses ont été parmi les premières à se lancer dans les cryptomonnaies, à l'image de Vontobel qui a émis le premier produit structuré sur le bitcoin, un certificat de participation coté en Bourse (tracker), qui permet de participer aux mouvements sur la monnaie virtuelle sans avoir à l'acheter directement.

Falcon Private Bank a elle proposé des services de gestion d'actifs en bitcoin, ether et litecoin tandis que Swissquote, le prestataire de services financiers en ligne, a lancé une offre de négoce dans cinq monnaies virtuelles.

Des initiatives, qui si elles ont fait couler beaucoup d'encre, restent encore plutôt isolées.

Si elles gardent un oeil attentif sur la technologie du blockchain, UBS et Credit Suisse, les deux plus grandes banques du pays, se sont elles tenues à distance des monnaies virtuelles.

"En tant que banque, nous avons délibérément mis en garde contre ce produit", a déclaré récemment Axel Weber, président d'UBS et ancien président de la Banque centrale allemande, dans les colonnes du quotidien zurichois NZZ, estimant que la valeur du bitcoin n'était pas durable.

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