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La Wallonie menace de se passer de Belgocontrol sur ses aéroports

La Wallonie menace de se passer de Belgocontrol sur ses aéroports

(Belga) L'Echo le révélait samedi, le ministre wallon en charge des Aéroports régionaux Jean-Luc Crucke a envoyé au CEO de Belgocontrol Johan Decuyper un courrier, qu'a également pu consulter l'agence BELGA, dans lequel il dit "s'intéresser aux solutions alternatives qui pourraient exister de l'autre côté de nos frontières" pour le contrôle aérien de ses aéroports régionaux. En cause, plusieurs "incidents" qui ont affecté l'aéroport de Charleroi.

Dans l'attente d'une proposition de solution pérenne à brève échéance offerte par Belgocontrol, le ministre MR dit par ailleurs "réévaluer le cas échéant l'opportunité d'un paiement complet de la facture de services" de l'organisme. Le courrier évoque les derniers incidents qui se sont produits à Charleroi. Un premier, à la fin de l'année a affecté le bon déroulement des opérations de l'école d'aviation. Un second, tout récemment, les 16 et 17 févriers a affecté l'organisation de 11 vols à Charleroi. "Si je peux comprendre que des problèmes d'absence pour cause de maladie puissent survenir, il est par contre de votre responsabilité de veiller à ce que ces problèmes n'influencent pas la qualité du service attendu d'un opérateur tel que Belgocontrol", écrit le ministre wallon. "Il en va de la réputation de l'aéroport de Charleroi tout comme celle de votre institution. En tant que ministre wallon en charge des Aéroports, je ne peux accepter que pareille situation se reproduise", assène-t-il. Interrogé par Belga, le cabinet du ministre assure qu'il ne s'agit pas de menace en l'air. "Il s'agit plus que de pistes de réflexion, nous avons lancé des études", indique-t-on au sujet de la recherche de solution alternatives. Le cabinet fait notamment remarquer qu'avec l'évolution de la technologie, des outils existent permettant notamment un contrôle à distance. Dans l'Echo, Belgocontrol relativise la portée des incidents qui ont été dénoncés. "Il y a eu 2 ou 3 restrictions qui ont impacté l'aviation de loisir et des vols d'entraînement parce que nous avons été confrontés à des cas d'agents malades que nous n'avons pas pu remplacer dans la tour de contrôle", a indiqué son porte-parole. Le journal fait écho à des commentaires d'observateurs qui s'interrogent sur la possibilité d'une motivation communautaire dans le chef de Belgocontrol, qui serait soucieux de préserver avant tout les intérêts de Brussels Airport. L'opérateur réfute cet argument, soulignant que des investissement sont prévus pour soutenir le développement des aéroports wallons. Belgocontrol annonce en outre qu'il va lancer prochainement une campagne de recrutement spécifique afin d'engager des aiguilleurs du ciel francophones qui viendront étoffer les effectifs à Liège et à Charleroi Airport. Le porte-parole rappelle que ce dernier figure parmi "les meilleurs aéroports européens en termes de ponctualité de ses avions". (Belga)

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