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Laguiole: la décision de mardi "ne change rien" pour le propriétaire des marques

Laguiole: la décision de mardi
Des couteaux Laguiole exposés dans une boutique à Laguiole (Sud-Ouest)REMY GABALDA
Consommation

La décision de la cour d'appel de Paris, qui a annulé mardi vingt marques contenant le mot "Laguiole" utilisées par un entrepreneur pour commercialiser une gamme de produits souvent importés, "ne change rien", a estimé mercredi l'avocate de ce particulier.

Le village de Laguiole, dans l'Aveyron, ferraille depuis plus de vingt ans contre un entrepreneur du Val-de-Marne, Gilbert Szajner, qui a déposé le nom du village en France dès 1993 pour désigner des couteaux mais aussi du linge de maison, des vêtements, des engrais ou encore des barbecues.

Mardi, cette commune mondialement connue pour ses couteaux fermants au manche siglé d'une abeille, fabriqués depuis le XIXème siècle, a obtenu de la cour d'appel de Paris l'annulation de vingt marques contenant le nom "Laguiole" déposées par M. Szajner.

De quoi "retrouver la possibilité d'utiliser notre nom, ce qu'on nous avait retiré", s'était félicité mardi soir le maire du village Vincent Alazard. "Les Laguiolais vont pouvoir déposer le nom Laguiole", ce qui va permettre de "relocaliser de l'activité" dans le village "en développant des produits autour de notre identité", avait-il souligné.

Dans son arrêt, la cour a dénoncé une "fraude", "une stratégie visant à priver la commune et ses administrés de l'usage du nom Laguiole" en déposant toutes ces marques.

Mais pour l'avocate de M. Szajner, Anne Lakits, cette décision au contraire "ne change rien".

Selon elle, sur les vingt marques annulées, seules sept étaient encore existantes, les autres ayant déjà été radiées.

Surtout, il reste encore à M. Szajner des marques déposées en France "en 1993 et 1994" et définitivement reconnues valables par la justice française, "qui couvrent sensiblement les mêmes produits et services" que celles qui ont été annulées, a-t-elle affirmé.

En vertu de ces marques, mais aussi de marques qu'il a déposées au niveau européen, l'entrepreneur peut toujours "interdire à la commune de commercialiser par exemple des chaussures et vêtements sous la marque Laguiole", selon son avocate.

Celle-ci s'est par ailleurs félicitée que la commune soit déboutée "de sa demande d'interdiction d'utiliser le terme Laguiole".

Mercredi soir, le village a affirmé dans un communiqué être "en mesure d'engager une procédure contentieuse en vue d'obtenir la nullité" des marques restantes déposées en France en 1993-1994.

"Aujourd'hui, il est reconnu que la commune de Laguiole dispose du droit de défendre son nom", a souligné le maire dans cette publication.

Dans un volet distinct, la société qui fabrique les "véritables" couteaux de Laguiole, la Forge de Laguiole, qui ne pouvait plus les produire sans être poursuivie pour contrefaçon, avait gagné en 2017 devant la justice européenne. Celle-ci avait définitivement annulé la marque "Laguiole" déposée en Europe par M. Szajner, s'agissant uniquement de la vente de couteaux et couverts.

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