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Le combat d'Ascoval pour survivre

Le combat d'Ascoval pour survivre
Ascoval à Saint-Saulve (Nord) le 29 janvier 2018FRANCOIS LO PRESTI

Les 270 salariés de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord), dont le plan de reprise par le britannique Olympus a été validé mercredi par la justice, sont soumis depuis plus de quatre ans à des rebondissements épuisants.

Créée en 1975 par Vallourec, l'aciérie était devenue Ascoval en 2017.

- 2015: Première restructuration -

Premier plan de restructuration annoncé par Vallourec, confronté à une chute de ses marchés dans le secteur Pétrole et Gaz.

Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie, assure devant les salariés de l'usine de Saint-Saulve, près de Valenciennes, qu'"il n'y aura aucune fermeture de site et aucun départ contraint". L'Etat est à la recherche de "partenaires pour entrer au capital de cette aciérie".

- 2017: Fermeture du laminoir -

En février 2016, Vallourec annonce la fermeture du laminoir de Saint-Saulve à l'horizon d'un an.

Un an plus tard, Ascométal devient actionnaire de l'usine à hauteur de 60%, donnant naissance à Ascoval. Mais en novembre, Ascométal est placé en redressement judiciaire.

- 2018: Guerre des nerfs -

Fin janvier, le tribunal de Strasbourg choisit le suisse Schmolz&Bickenbach pour la reprise d'Ascométal, mais le groupe ne prévoit pas de reprendre l'usine de Saint-Saulve. "On a été sacrifié", dénonce l'intersyndicale.

Le 30 janvier, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire annonce un accord avec Schmolz&Bickenbach pour maintenir pendant un an l'activité d'Ascoval, avec l'espoir de trouver un repreneur.

Les salariés en grève concluent avec l'Etat et la région Hauts-de-France un accord de 12 millions d'euros qui garantit l'emploi pendant un an et finance un éventuel plan social.

Fin février, Vallourec crée la surprise en annonçant la fermeture de sa ligne de production de Saint-Saulve. Le président du conseil régional des Hauts-de-France Xavier Bertrand dit sa "totale incompréhension".

- L'offre d'Altifort -

En octobre, le cabinet indépendant de conseil Roland Berger juge une offre déposée par la société Altifort "crédible", mais à consolider.

Les salariés qui s'étaient mis en grève votent la reprise du travail.

Le 8 novembre, Emmanuel Macron assure vouloir "sauver" Ascoval.

Le 10 décembre, le gouvernement et Altifort disent avoir trouvé un accord sur un plan de financement "solide" et le 19 le TGI de Strasbourg valide l'offre d'Altifort.

- Février 2019 : Douche froide -

Le 21 février 2019, coup de tonnerre : Altifort "a trompé tout le monde", indique-t-on au cabinet de Bruno Le Maire, et ne peut "verser aucun des fonds sur lesquels il s'était engagé". Fin février, Altifort retire son offre.

Le 27 mars, le TGI de Strasbourg donne jusqu'au 24 avril à Ascoval pour rechercher un repreneur, puis met sa décision en délibéré au 2 mai.

- Reprise par Olympus Steel -

Le 2 mai, le TGI confie la reprise de l'aciérie à la société Olympus Steel Ltd, société mère du groupe sidérurgique British Steel, à compter du 15 mai 2019 à minuit. Bruno Le Maire salue sur place la "jolie fin" du feuilleton Ascoval.

Le 14 mai des informations britanniques font état d'un risque possible de faillite pour British Steel. Le lendemain, les fonds promis par l'Etat et British Steel sont toutefois versés, permettant à l'usine de reprendre son activité.

Le 17, British Steel assure avoir les liquidités nécessaires pour poursuivre son activité "normalement" en attendant de trouver une "solution durable" à ses difficultés financières.

- Nouvelles inquiétudes -

Le 22, les salariés arrêtent brièvement le four de l'aciérie en apprenant par les autorités britanniques le placement en faillite de British Steel.

Matignon assure que Saint-Saulve n'est pas concerné par cette liquidation. "Le repreneur est déterminé à tenir les engagements qu'il a pris", tout comme les collectivités et le gouvernement, indique Edouard Philippe le 24 mai.

Le 24 juillet le tribunal de Strasbourg valide un plan de reprise "modifié" d'Ascoval par Olympus, auditionné cinq jours auparavant.

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