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Le gouvernement au chevet de la Seine-Saint-Denis avec 23 mesures spécifiques

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"Casser des spirales": Edouard Philippe et plusieurs ministres ont officialisé jeudi une batterie de 23 mesures pour la Seine-Saint-Denis, un département qui cumule d'importantes difficultés, en insistant sur l'attractivité pour les fonctionnaires, la sécurité, la justice et l'éducation.

Parmi les dispositifs retenus par le gouvernement figurent une prime de 10.000 euros pour fidéliser les fonctionnaires, le recrutement de 150 policiers ou encore le renforcement des contrôles des logements insalubres.

"Enfin un début de solution", s'est réjoui auprès de l'AFP un des deux auteurs d'un rapport accablant sur l'état du département, le député François Cornut-Gentille (LR). "Le chemin qui reste à parcourir est énorme, mais la Seine-Saint-Denis rattrape", a-t-il poursuivi, en écho aux demandes répétées des élus qui réclament à cors et à cri un rééquilibrage des politiques publiques dans un territoire rongé par des carences structurelles.

"Le big bang de l'égalité n'a pas eu lieu", a de son côté déploré Gérard Cosme (PS), président de "Est ensemble" qui regroupe 9 communes du département. "C'est une déception. On ne fait rien pour les populations pauvres", a-t-il soupiré.

La complexité de la situation du département le plus pauvre de la France métropolitaine fait que tout y est "hors normes", a fait valoir Edouard Philippe, évoquant "l'histoire", "le dynamisme de sa population", "la diversité" mais aussi les "difficultés". "Ces difficultés, il faut les nommer" et les "regarder bien en face" pour y "apporter des solutions qui seront elles-aussi un peu hors-normes", a-t-il ajouté, en glissant que des "investissements massifs" étaient déjà réalisés, notamment dans la perspective des Jeux olympiques 2024.

Emmanuel Macron avait promis lors de la campagne présidentielle de "lutter contre l'assignation à résidence". Mais le plan Borloo de mai 2018, qui devait être un marqueur fort de sa stratégie, a été rapidement enterré.

Jeudi, le gouvernement a tenté d'illustrer sa volonté d'agir, 18 mois après le rapport parlementaire, qui avait été suivi de consultations d'élus répartis en groupes de travail et d'une synthèse du préfet, remise en juillet dernier. Avant le discours du Premier ministre, et alors qu'une vingtaine de militants CGT manifestaient devant la préfecture jusqu'à l'interpellation du secrétaire général départemental, plusieurs ministres (Christophe Castaner, Laurent Nuñez, Julien Denormandie, Nicole Belloubet, Jean-Michel Blanquer et Agnès Buzyn) se sont déployés sur le terrain, entre La Courneuve, Bobigny et Saint-Denis.

La mesure la plus marquante concerne probablement l'attribution d'une prime de 10.000 euros aux fonctionnaires à condition de rester au moins cinq ans en poste.

"La première priorité du plan consiste à attirer et à fidéliser en Seine-Saint-Denis, y compris les meilleurs éléments de la fonction publique de l'Etat", a plaidé Edouard Philippe, en pointant l'important turn-over et la faible "ancienneté, là où il faudrait un personnel "plus aguerri"

- 150 policiers supplémentaires -

Si ce bonus, mis en place pour 10 ans à partir du premier semestre 2020, pourrait concerner jusqu'à 39.000 fonctionnaires, le Premier ministre "souhaite qu'elle bénéficie en particulier aux agents qui sont en première ligne", à savoir les enseignants et policiers.

Une prime dont on "mérite de connaître les conditions", souligne Grégory Goupil, délégué Alliance 93, le syndicat policier. "Est-ce que les anciens sont aussi concernés ou cela concerne uniquement les élèves sortis d'école ?", s'interroge-t-il.

Le plan met aussi l'accent sur le régalien. Ainsi, 50 policiers supplémentaires se répartiront dans deux quartiers, à Saint-Ouen et la Courneuve, dans le cadre de la police de sécurité du quotidien. Et d'ici à 2021, 100 postes d'officiers de police judiciaire seront déployés.

Par ailleurs, pour accélérer une chaîne judiciaire congestionnée, 35 postes de greffiers et 12 de magistrats seront créés.

Les commissariats d'Aulnay-sous-Bois et d'Epinay-sur-Seine seront rénovés d'ici 2023 avec un budget de 30 millions d'euros, tandis que le tribunal de Bobigny verra son extension réalisée à l'horizon 2026.

Dans un département marqué récemment par le suicide d'une directrice d'école à Pantin et la mort violente d'un lycéen, le volet éducation de ce plan est "un rendez-vous manqué", a estimé le président du Conseil départemental Stéphane Troussel (PS).

Vingt millions d'euros seront fléchés par la région pour des investissements immobiliers dans le cadre du dédoublement des classes de CP et CE1 en zones d'éducation prioritaire.

De même, un dispositif de "pré-recrutement" de 500 enseignants sera mis en place. Il s'agit de financer les études d'étudiants boursiers de Seine-Saint-Denis qui s'engagent en retour à travailler dans le département.

Sur l'aspect sanitaire, cinq inspecteurs en charge du contrôle des logements indignes seront recrutés. Seulement deux sont officiellement en poste actuellement, alors que "potentiellement, 10% de l'habitat est insalubre".

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