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Le marché de la restauration en baisse pour la première fois en 2014

Le marché de la restauration en baisse pour la première fois en 2014
La consommation alimentaire hors domicile (CAHD), qui couvre tous types de restauration sur place ou à emporter, a accusé une baisse en 2014, une première depuis plus de 10 ansFred Tanneau
 
 

Qu'elle soit servie sur place ou à emporter, la restauration est en baisse en 2014, une première depuis plus de 10 ans, qui affecte davantage les établissements de chaîne que les indépendants.

La consommation alimentaire hors domicile (CAHD), qui couvre tous types de restauration, du sandwich préemballé acheté en station-service à la table trois étoiles, a accusé une baisse de son activité de 0,3% en 2014, à près de 87 milliards d'euros, selon la 26e édition de l'étude annuelle du cabinet spécialisé Gira Conseil.

Cette baisse est la première depuis 10 ans, la désaffection des restaurants où le service se fait à table ayant jusqu'ici toujours été compensée par la restauration rapide ou à emporter grâce à la multiplication des points de vente.

Les deux grands perdants sont la restauration commerciale, en recul de 1%, et la restauration hôtelière (-4%), tandis que la restauration collective (+0,7%) et les circuits alimentaires alternatifs (boulangeries, stations-services, etc) s'en sortent mieux (+2%).

"Depuis la crise, c'est la première fois que (le secteur est) en baisse. Ce qui est aussi nouveau c'est que ceux qui souffrent le plus dans la restauration commerciale sont les chaînes et non les indépendants", commente Bernard Boutboul, directeur de Gira conseil.

S'il va moins au restaurant, le consommateur veut "sortir mieux", explique Bernard Boutboul. "On revient au respect des fondamentaux, à savoir l'assiette et le personnel, et sur ce point, les chaînes sont plus pénalisées que les indépendants".

Une tendance que confirme Dominique-Philippe Bénézet, délégué général du Snarr, le syndicat de la restauration rapide. "Les chaînes de restauration vont mal, le client est une espèce en voie de disparition. A périmètre comparable, la restauration rapide était en régression en 2014, pour la première fois depuis les années 1980. Elle est concurrencée par le plat préparé de chez Picard et par l'offre de la grande distribution", souligne-t-il, précisant que quand les salariés partent, ils ne sont pas remplacés.

- près de 10 milliards de repas -

Unique groupe de restauration qui soit coté, Groupe Flo (316 établissements) a enregistré en 2014 une baisse de 9,6% de son chiffre d'affaires, plus sensible également dans la restauration à thème (Hippopotamus, Tablapizza...) que dans ses Brasseries.

Parmi les chaînes, les grills mais aussi la restauration rapide à la française (Paul, Brioche dorée) sont les plus touchés. Seuls s'en sortent les acteurs de la restauration rapide thématisée comme Starbucks ou Sushishop .

"Connaissant les chiffres de nos confrères, la tendance est effectivement à la baisse, mais chez Courtepaille, le chiffre d'affaires est stable à périmètre comparable, ce qui est dû à un marketing plus agressif", explique Vincent Quandalle, le président de Courtepaille.

Du côté des indépendants, le nombre de points de vente a augmenté, grâce à la vitalité d'un secteur où "il y a toujours autant de créations car il n'y a pas de barrière à l'entrée", explique M. Boutboul.

"Depuis quelques années, il y a des jeunes créateurs qui se lancent dans la restauration rapide sans passer par l'industrie et fabriquent tout à l'intérieur de leur point de vente. A l'inverse, des jeunes se lancent dans la gastronomie avec des établissements plus petits, des cartes très courtes, des cuisines très ouvertes", poursuit Bernard Boutboul, citant Septime, Semilla ou Chez Edgar en bistronomie, et Big Fernand, Boulettes ou Boco en restauration rapide.

Toutes catégories de restauration confondue, la dépense moyenne est en recul pour la troisième année consécutive, à 8,82 euros par repas et par personne. Notamment parce que les clients sautent l'entrée, suppriment le dessert ou se limitent à la carafe d'eau.

Toutefois, le nombre de repas continue de croître avec près de 10 milliards de repas pris en dehors du domicile en France en 2014. "Le taux de retour à domicile le midi en semaine s'effondre partout", constate le directeur de Gira conseil.

Les circuits traditionnels sont "de plus en plus attaqués par une multitude d'acteurs innovants et par de nouveaux modes de distribution", souligne Gira, pour qui "l'offre est vraisemblablement désormais supérieure à la demande".


 




 

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