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Le Mozambique veut créer un fonds souverain pour ses futures ressources gazières

Le Mozambique veut créer un fonds souverain pour ses futures ressources gazières
Le président mozambicain Felipe Nyusi et son épouse Isaura lors de la présidentielle du 15 octobre 2019 à Maputo Roberto PAQUETE
 

Le président mozambicain Filipe Nyusi a annoncé mercredi que son gouvernement souhaitait créer un fonds souverain destiné à investir dans l'économie du pays les revenus à venir de l'exploitation de ses immenses réserves gazières.

"Nous envisageons la création cette année d'un fonds souverain pour financer les efforts de diversification de l'économie (...) et qui pourra servir aux générations futures", a déclaré M. Nyusi lors de la cérémonie d'investiture à son deuxième mandat.

Au pouvoir depuis 2014, Filipe Nyusi, 60 ans, a été réélu haut la main lors des élections générales du 15 octobre dernier.

L'opposition et une bonne partie des observateurs étrangers ont dénoncé de nombreuses irrégularités lors du scrutin, dont les résultats ont toutefois été validés par la justice.

Considéré comme un des pays les plus pauvres de la planète, le Mozambique est englué dans une grave crise économique et financière, aggravée par des emprunts cachés qui nourrissent des allégations de corruption au plus haut sommet de l'Etat.

M. Nyusi a lui-même été personnellement mis en cause dans ce scandale lors d'un récent procès aux Etats-Unis.

Maputo espère bientôt tirer profit de gigantesques réserves sous-marine de gaz découvertes au large de la province du Cabo Delgado (nord), en proie depuis deux ans à une insurrection islamiste meurtrière, pour devenir un des principaux exportateurs au monde à l’horizon 2025.

L'américain ExxonMobil, le français Total ou l'italien ENI espèrent débuter l'exploitation d'ici 2022-2023.

"Nous demandons à nos compatriotes d'être patients car il faudra un peu de temps pour que les bénéfices du gaz remplissent les caisses de l'Etat", a déclaré mercredi M. Nyusi lors de son discours, prononcé devant plusieurs milliers de personnes réunies dans la capitale Maputo.

"Nous voulons prouver que les ressources énergétiques peuvent être une bénédiction, pas une malédiction", a-t-il ajouté.

"Nous ne voulons pas que le (futur) fonds souverain permette le moindre enrichissement illicite", a précisé le chef de l'Etat, "nous allons continuer le combat contre la corruption (...) il n'y aura aucun répit dans la lutte contre ce fléau".

M. Nyusi n'a pas fait allusion aux accusations de pots-de-vin qui le vise dans le cadre de l'affaire dite de la "dette cachée".

Il a à peine évoqué les violences jihadistes dans le Cabo Delgado, qui ont tué plusieurs centaines de civils, et la vague d'attaques récente survenue dans le centre du pays, attribuée à une faction dissidente du principal parti d'opposition, la Renamo.

"La paix est notre priorité. Nous défendrons la paix même au prix de nos vies", a simplement assuré Filipe Nyusi.

Le chef de la Renamo Ossufo Momade a boudé la cérémonie d'investiture du président, qualifié de "marionnette". "Le combat continue", a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.

 

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