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Le nouveau patron d'Air France-KLM veut placer le groupe en pole position en Europe

Le nouveau patron d'Air France-KLM veut placer le groupe en pole position en Europe
Benjamin Smith, le nouveau directeur général d'Air France, arrive au Sénat, le 16 janvier 2019 à ParisChristophe ARCHAMBAULT

Benjamin Smith, aux commandes d'Air France-KLM depuis septembre, a affiché mercredi sa volonté de placer le groupe en pole position en Europe en souhaitant, pour y parvenir, un environnement plus favorable en France sur le plan des charges sociales et fiscales.

"Ma priorité est qu'Air France-KLM devienne le groupe aérien le plus fort en Europe et un des plus puissants dans le monde", a-t-il déclaré au cours de son audition devant la commission du développement durable du Sénat, première apparition publique de ce transfuge d'Air Canada.

M. Smith s'est dit "enthousiaste" et s'est félicité de l'accord intercatégoriel signé le 19 octobre, un mois après sa prise de fonctions, soulignant qu'il avait "permis l'apaisement du climat social".

Le directeur général du groupe aérien, anglophone, est venu accompagné de la présidente non-exécutive Anne-Marie Couderc. Il a lu son propos liminaire en français avant de passer à l'anglais pour répondre aux questions des sénateurs.

Pour s'imposer dans un secteur du transport aérien ultra concurrentiel, M. Smith a expliqué que le groupe misait notamment sur le "très fort potentiel" de la marque Air France, pour "mieux positionner Air France" et mieux satisfaire la clientèle "Premium" (haut de gamme) notamment.

Dès cet été, selon lui, des évolutions auront lieu d'une part "d'ordre commercial, pour apporter davantage de cohérence, de simplicité et de lisibilité à notre offre long courrier" et d'autre part sur la maintenance qui doit être optimisée.

Dans cet esprit de meilleure lisibilité, il a annoncé la semaine dernière l'intégration à Air France de Joon, créée fin 2017 pour séduire une nouvelle clientèle en cassant certains codes, notamment vestimentaires.

La procédure d'intégration devrait être achevée le 1er juillet, selon M. Smith.

Le directeur général a rendu hommage au professionnalisme des salariés d'Air France ajoutant que l'équipe dirigeante focalisait désormais ses efforts pour instaurer un esprit de respect et de confiance au sein du groupe.

Des négociations salariales tendues avaient été émaillées entre février et mai de 15 jours de grève du personnel d'Air France dont le coût a été de l'ordre de "350 millions d'euros", selon M. Smith.

Le calme est revenu depuis la signature le 19 octobre, un mois après l'arrivée de M. Smith, d'un accord inter-catégoriel comprenant une hausse générale des salaires rétroactive de 2% à compter du 1er janvier 2018, puis une autre revalorisation de 2% à partir du 1er janvier 2019.

Jeudi, un accord catégoriel a été signé avec le personnel navigant commercial (PNC) sur leurs conditions de travail. Il a été suivi le lendemain par un accord salarial pour les personnels au sol.

- Discussions "excellentes" avec les pilotes -

Les négociations ouvertes en novembre avec les pilotes, sur leurs conditions de travail et leur rémunération, sont en revanche toujours en cours avec une nouvelle équipe élue en décembre à la tête du SNPL Air France, premier syndicat de pilotes au sein de la compagnie française.

Les "discussions sont excellentes", a précisé M. Smith qui s'est dit "confiant" de parvenir à un accord.

Sur le plan de la compétitivité de son groupe, M. Smith a dénoncé, comme ses prédécesseurs, la "charge injuste" de la taxe solidarité (dite Taxe Chirac"), le niveau des charges sociales dont l'absence de plafonnement constitue "un handicap majeur" et des redevances aéroportuaires à Paris qui sont à Paris "parmi les plus élevées en Europe".

Le groupe franco-néerlandais, qui a franchi pour la première fois en 2018 le seuil symbolique des 100 millions de passagers, est soumis à rude épreuve avec la concurrence de ses rivaux européens traditionnels Lufthansa et IAG (British Airways, Iberia etc), les compagnies du Golfe et les low-cost qui ont récemment fait leur entrée sur le segment du long-courrier.

"La concurrence continue à se développer en 2019", a mis en garde M. Smith soulignant que la présence des compagnies du Golfe "ne faiblit pas avec une croissance de l'offre au départ de l'Europe de 15%, bien supérieure à la croissance moyenne du marché".

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