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Le patron évincé de Deutsche Bank touchera près de 9 millions d'euros

Le patron évincé de Deutsche Bank touchera près de 9 millions d'euros
L'ancien patron de Deutsche Bank John Cryan lors d'une conférence de presse au siège du groupe à Francfort-sur-le-Main (ouest), le 2 février 2018Daniel ROLAND

L'ancien patron de Deutsche Bank John Cryan, remplacé dimanche faute d'avoir redressé les comptes assez vite, devrait toucher environ 9 millions d'euros, selon les règles internes prévues par la première banque allemande.

L'indemnité de départ d'un membre du directoire, avant le terme de son mandat et sans "raison sérieuse", est "généralement de deux ans" de salaire, en se basant sur la rémunération de l'année passée et de celle en cours, selon le rapport annuel de la banque pour 2017.

L'an dernier, John Cryan a touché un salaire de 3,4 millions d'euros, celui pour l'année en cours n'étant pas encore connu. Il aura ainsi droit à un parachute doré d'environ 6,8 millions d'euros pour la partie salaires après son départ.

La banque francfortoise avait par ailleurs mis 1,9 million d'euros de côté à fin 2017 pour la retraite de son patron, selon le même document.

Contactée par l'AFP, Deutsche Bank a refusé de s'exprimer sur le sujet.

Entamé en mai 2016, le mandat du Britannique à la tête de Deutsche Bank devait prendre fin en mai 2020; mais il va quitter la banque fin avril, alors que son successeur Christian Sewing, 47 ans, en a pris dès lundi les commandes.

Le patron cinquantenaire, ancien directeur financier d'UBS, a renoncé l'an dernier - comme en 2016 - à toucher un quelconque bonus, Deutsche Bank restant sur trois années de pertes d'affilée, la dernière de 735 millions d'euros.

Le président du conseil de surveillance, Paul Achleitner, a justifié l'éviction du PDG britannique en raison de la "lenteur" avec laquelle "le directoire a pris les décisions et les a mises en œuvre" pour redorer les comptes de la banque, dans une interview publiée mardi par la "Frankfurter Allgemeine Zeitung".

Depuis mai 2016, John Cryan a réduit les coûts de l'établissement et a œuvré au règlement de nombreux litiges judiciaires hérités du passé, notamment aux Etats-Unis, mais il a échoué à relancer les recettes, surtout dans la division de banque de financement.

L'autre grief relevé par M. Achleitner porte sur le cours de Bourse, qui a dégringolé de plus de 50% en deux ans, et de près de 30% depuis le début de l'année.

Si le titre s'est redressé lundi, gagnant jusqu'à 3% en séance après l'annonce du changement de patron, il chutait à nouveau mardi en queue de Dax, glissant vers 10H20 GMT de 1,27% dans un marché pourtant en hausse de 0,99%.

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