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Les banques australiennes éreintées pour leur "cupidité" et des pratiques malhonnêtes

Les banques australiennes éreintées pour leur
Une affiche dénonçant les banquiers devant la Commission d'enquête royale, le 23 avril 2018 à MelbourneWilliam WEST

Les banques australiennes engluées dans les scandales ont été clouées au pilori vendredi par un rapport d'enquête qui les accuse de faire passer leurs bénéfices avant les intérêts de leurs clients et d'être dépourvues "de l'honnêteté la plus élémentaire".

Dans un rapport intermédiaire de près de 1.000 pages, la Commission d'enquête royale accable le secteur financier pour avoir prélevé des frais à des clients morts depuis dix ans ou toléré en son sein des employés qui accordaient des prêts douteux en échange d'argent liquide.

Les banques, les assurances et autres entreprises financières recherchent "les bénéfices à court terme au détriment des règles d'honnêteté les plus élémentaires", affirme la Commission, qui a entendu pendant plusieurs mois une centaine de témoins et examiné 10.000 rapports.

S'interrogeant sur ce qui a pu motiver ces pratiques, le rapport conclut: "trop souvent, la réponse semble être l'appât du gain".

L'Association de la banque australienne a fait preuve de contrition. "Ne vous y trompez pas, aujourd'hui est un jour de honte pour les banques australiennes", a dit sa directrice générale Anna Bligh. "Nous avons perdu la confiance du peuple australien et devons tout faire pour la regagner".

Les "Big Four" -la Commonwealth Bank, la NAB, ANZ et Westpac- font partie des institutions financières les plus prospères au monde, réputées pour avoir bien mieux su gérer la crise financière mondiale que leurs concurrentes américaines ou européennes.

La Commission royale a également accusé les régulateurs de complaisance. "Quand des manquements ont été révélés, ils sont restés impunis. La plupart du temps, il ne s'est pas produit grand chose, à part des excuses".

Les enquêteurs n'ont pas émis de recommandations pour corriger le tir, soulignant qu'il fallait tirer un trait sur une culture rappelant l'avidité des traders du film Wall Street, sorti dans les années 1980.

Le gouvernement de centre-droit, qui avait traîné des pieds avant d'accepter la création de la Commission royale en fin d'année dernière, a pris acte de conclusions, tout en s'abstenant d'annoncer de nouvelles régulations.

A la Bourse de Sydney, les titres du secteur financier ont pris quasiment 2% après les commentaires du ministre, les investisseurs étant probablement rassurés par l'absence de nouvelles mesures.

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