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Les Bourses européennes bousculées par les turbulences politiques dans le sud de l'Europe

Les Bourses européennes bousculées par les turbulences politiques dans le sud de l'Europe
Les Bourses européennes étaient malmenées mardi à la mi-journéeERIC PIERMONT

Les Bourses européennes étaient malmenées mardi à la mi-journée, les incertitudes politiques en Italie et en Espagne alimentant la nervosité des investisseurs.

Vers 13H00, le CAC 40 perdait 1,57% à Paris, le FTSE Mib baissait de 3,04% à la Bourse de Milan, le Dax lâchait 1,36% à Francfort, l'Ibex 35 reculait de 2,36% en Espagne et le FTSE-100 cédait 1,30% à Londres.

La confiance des investisseurs était "ébranlé(e)" ce mardi par la situation en Italie "où le sentiment anti-euro s'accroît", résume dans une note David Madden, analyste chez CMC Markets.

Dimanche, le président Sergio Mattarella a refusé de nommer un ministre des Finances eurosceptique choisi par les populistes, ce qui a ouvert la voie à une crise politique sans précédent dans le pays, troisième économie de la zone euro.

Ce veto spectaculaire avait dans un premier temps été salué par les marchés, car considéré comme "un soulagement à court terme pour la défense de l'euro au sein de la zone", explique Franklin Pichard, de Kiplink Finance.

Il avait aussi immédiatement provoqué la fureur de Luigi Di Maio, le chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), et de Matteo Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite), majoritaires au Parlement, qui avaient négocié un programme et un gouvernement d'union.

Mais, "l'accalmie fut de courte durée" sur les marchés, rappellent les analystes de Saxo Banque, malgré la nomination d'un ancien responsable du FMI, Carlo Cottarelli, incarnation de l'austérité budgétaire, en tant que chef du gouvernement par le président Sergio Mattarella.

Les investisseurs s'inquiètent en effet déjà du résultat de nouvelles élections, qui auront lieu vraisemblablement à l'automne ou, "au plus tard", début 2019.

-"Climat de peur"-

En effet, ces élections "pourraient très clairement conforter la Ligue du Nord", souligne Saxo Banque. Les derniers sondages, ajoutent-ils, montrent que le parti d'extrême droite "pourrait gagner des voix et des sièges, devenant un acteur institutionnel et politique encore plus incontournable que maintenant".

Les investisseurs rechignaient d'autant plus à prendre des risques ce mardi que la situation politique était aussi sous tension en Espagne.

Le pays "traverse également sa propre crise politique alors que le Premier ministre Mariano Rajoy est confronté à un vote de +non confiance+ vendredi", relève David Madden. Le parti socialiste espagnol, principale force d'opposition, a déposé une motion de censure pour tenter de renverser le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, affaibli par un scandale de corruption.

"La perspective d'une élection surprise (...) ajoute au climat de peur qui règne aujourd'hui en Europe", estime M. Madden.

Dans ce contexte, les titres européens liés au secteur bancaire fléchissaient nettement, à l'image de Crédit Agricole (-4,26% à 11,92 euros) ou BNP Paribas (-4,14% à 57,41 euros) sur l'indice parisien CAC 40 ou encore de Commerzbank (-3,39% à 9,02 euros) et Deutsche Bank (-3,40% à 9,94 euros) à la Bourse de Francfort.

Et le "spread", l'écart entre les taux d'emprunt italien et allemand à dix ans, a même dépassé en milieu de matinée la barre des 300 points.

Pour les analystes de Saxo Banque, "le maître mot (...) est de se replier sur les actifs refuges", en priorité l'or et le dollar.

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