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Les cinq chiffres-clé du projet de budget 2019

Prévision de déficit public, suppression de postes de fonctionnaires, économies sur les prestations sociales... Voici les chiffres-clé du projet de loi de finances 2019, deuxième budget du quinquennat Macron, qui sera examiné mercredi en Conseil des ministres.

1,7%

C'est le niveau de croissance sur lequel le gouvernement a décidé de construire son budget. Ce chiffre est légèrement moins élevé que celui annoncé en avril: à l'époque, Bercy avait prévu une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 1,9%. Mais le trou d'air du premier semestre 2018 est passé par là, obligeant l'exécutif à revoir à la baisse ses ambitions. "Les prédictions c'est important, mais ce qui compte, c'est la politique qui est menée. Nous gardons le cap et nous maintenons le rythme", a toutefois assuré le Premier ministre Edouard Philippe.

2,8%

Il s'agit du déficit public qui devrait être atteint l'an prochain. Là encore, le gouvernement s'était montré à l'origine plus ambitieux (2,4%). Mais la moindre croissance l'a obligé à corriger le tir. "Nous avons pris des engagements clairs et nous ne les remettrons pas en cause", a toutefois promis Edouard Philippe, assurant que le seuil des 3% de déficit exigé par les traités européens ne serait pas franchi. Un engagement qui ne va pas sans difficultés au vu des contraintes qui pèsent sur les finances publiques, à commencer par l'intégration du déficit de la SNCF à celui de l'Etat, qui pourrait grever le déficit de 0,1 point, ou la coûteuse transformation du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) en baisse de cotisations pérenne.

20 milliards

Voilà ce que la réforme du CICE -- une réduction d'impôts portant sur les petits salaires mise en place sous François Hollande -- va obliger l'Etat à rembourser aux entreprises en 2019, de façon exceptionnelle. En termes de déficit, cela représentera "0,9 point de PIB", a indiqué Bercy. La transformation du CICE et baisse de charges implique en effet une année de transition, pouvant être qualifiée d'"année noire" pour les finances publiques: cette année là, l'Etat devra supporter à la fois le remboursement du crédit d'impôts au titre de l'année 2018 et la baisse de cotisations décidée pour l'année en cours. Soit un total de 40 milliards d'euros, au lieu des 20 milliards dépensés dans le cadre du dispositif actuel.

3 milliards

C'est le montant que le gouvernement espère économiser grâce à la revalorisation plus faible que prévue de deux prestations sociales (l'aide personnalisée au logement et les allocations familiales) et des pensions de retraite, annoncée fin août par Edouard Philippe. Ces arbitrages ont suscité une vague de critiques dans l'opposition, qui a dénoncé un acharnement du gouvernement, en particulier à l'encontre des retraités. "Aucune prestation sociale ne sera réduite", ni "gelée", s'est défendu de son côté le gouvernement. Reste que les personnes concernées verront bel et bien leur pouvoir d'achat s'éroder au regard de l'inflation, attendue selon les dernières prévisions de Bercy à 1,3% l'an prochain.

4.500

Voilà le nombre de postes que le gouvernement prévoit de supprimer dans la fonction publique d'Etat. Un chiffre en hausse par rapport au budget 2018 (1.600 postes supprimés) mais qui jette un doute sur la capacité du gouvernement à tenir ses engagements: durant la présidentielle, Emmanuel Macron avait en effet promis 120.000 suppressions de postes dans la fonction publique au cours du quinquennat, dont 50.000 sur le périmètre de l'Etat. "C'est notre cible, mais ça n'est pas l'alpha et l'oméga de notre politique en matière de service public", a nuancé le secrétaire d'Etat chargé de la fonction publique, Olivier Dussopt. "Je préfère y aller avec le rythme qui est le nôtre, être efficace et préserver la qualité du service public, plutôt que de procéder à des coupes aveugles".

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