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Les voitures connectées, des "machines à tuer" potentielles, s'inquiète une association américaine

Les voitures connectées, des
Jamie Court, président du Consumer Watchdog, présente le rapport de ce groupe de défense des consommateurs le 31 juillet 2019 à Los AngelesMark RALSTON
Internet

Un groupe américain de défense des consommateurs a averti que les nouveaux véhicules étaient de plus en plus exposés aux risques de piratage, ce qui pourrait entraîner la mort de milliers de personnes en cas de cyber-attaque de grande ampleur.

Dans un rapport intitulé "Bouton d'arrêt: pourquoi les voitures connectées peuvent être des machines à tuer et comment les désactiver", le Consumer Watchdog, basé à Los Angeles, tire la sonnette d'alarme.

Selon cet organisme, les véhicules connectés à internet, qui s'imposent rapidement comme étant la norme, constituent une menace à la sécurité nationale.

"Les systèmes de sûreté-critique de ces véhicules sont liés à internet sans sécurité adéquate et sans moyen de les déconnecter en cas de piratage de l'ensemble d'une flotte" automobile, s'inquiète-t-il.

Le Consumer Watchdog assure que les responsables de l'industrie sont au courant des risques, ce qui ne les a pas empêchés de pousser pour déployer cette technologie dans les nouveaux véhicules, au détriment de la sécurité.

Son rapport est le résultat d'une étude de cinq mois basée sur les informations de plus de 20 lanceurs d'alerte au sein de l'industrie automobile.

Ce groupe d'experts anticipe qu'un piratage de l'ensemble d'une flotte automobile à une heure de pointe pourrait conduire à la mort de 3.000 personnes.

"Vous pouvez contrôler toutes sortes d'aspects de votre voiture depuis votre smartphone, y compris le démarrage de l'engin, de l'air conditionné, la vérification de sa localisation", décrit un lanceur d'alerte, non identifié. "Si vous pouvez le faire avec votre smartphone, n'importe qui peut le faire sur internet".

Le rapport préconise que tous les véhicules connectés soient équipés d'un bouton d'arrêt ("kill switch") pour la fonction internet.

"Connecter des systèmes de sûreté-critique à internet est, fondamentalement, un projet dangereux", a avancé Jamie Court, président du Consumer Watchdog. "Les fabricants américains automobiles doivent mettre fin à cette pratique ou le Congrès doit intervenir afin de protéger notre système de transport et notre sécurité nationale".

Des représentants de plusieurs groupes automobiles mentionnés dans le rapport, comme Ford, General Motors ou Toyota, n'étaient pas joignables dans l'immédiat.

"Les fabricants automobiles savent que leurs clients sont attachés à leur sécurité et ils adoptent plusieurs mesures de protection, comme concevoir les véhicules depuis le début avec des dispositifs de sécurité et ajouter des mesures de cyber-sécurité aux nouveaux modèles et modèles remaniés", a réagi Gloria Bergquist, de l'association des constructeurs automobiles, dans un communiqué transmis à l'AFP.

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