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Locaux réquisitionnés par le maire de Montreuil : enquête ouverte

Locaux réquisitionnés par le maire de Montreuil : enquête ouverte
Portrait du maire de Montreuil Patrice Bessac le 05 avril 2014BERTRAND GUAY

Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête pour violences et dégradations en réunion après la réquisition mercredi par le maire PCF de Montreuil de locaux inoccupés appartenant à l'État pour y loger des travailleurs migrants, a-t-il indiqué vendredi à l'AFP.

Cette enquête, confiée à la Sûreté territoriale de Seine-Saint-Denis, fait suite à la saisine de la procureure de la République de Bobigny par le préfet ainsi qu'à des plaintes enregistrées par le parquet, a-t-il précisé.

A l'aube, mercredi, le maire de cette commune de banlieue parisienne, Patrice Bessac, avait procédé à la réquisition administrative de 1.500 m2 de bureaux vides anciennement occupés par l'Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa). Environ 200 travailleurs migrants qui vivaient jusque-là dans un foyer de la ville, que le maire juge "indigne", étaient installés vendredi dans les lieux, selon la mairie.

Contactée par l'AFP, celle-ci a assuré que cette réquisition s'"était déroulée dans le plus grand calme et dans un cadre parfaitement légal" et assuré "disposer de vidéos pour le prouver". Quant aux dégradations, elle affirme avoir "au contraire remis des choses en état". Vendredi, les occupants s'attelaient "à la remise en service du self", a-t-elle ainsi indiqué.

Mercredi, Patrice Bessac, qui avait passé une nuit dans le foyer la semaine dernière, avait expliqué à l'AFP avoir "décidé de faire cette réquisition car la situation était totalement invivable pour ces hommes", avec "des rats qui passent sur les gens qui dorment", et "des matières fécales qui tombent parfois du plafond lorsqu'ils prennent leur douche".

Ce foyer où résident 250 à 300 personnes, en majorité d'origine malienne, doit bientôt être détruit et reconstruit, selon un protocole signé en 2013 avec l'État et Coallia, le gestionnaire du lieu. En attendant, les conditions de vie des résidents se "dégradent chaque jour", dénonce la mairie qui dit avoir sollicité l'État à maintes reprises pour trouver une solution de relogement temporaire.

Le préfet de Seine-Saint-Denis, qui a également saisi la justice administrative, avait fustigé mercredi dans un communiqué une "opération d'occupation comportant des actes d'une violence particulière" et réalisée "en ayant recours à des modes d'action contraires aux règles d'emploi de la police municipale".

"Les anciens locaux de l’Afpa, qui seront réhabilités pour accueillir la Cour nationale du droit d’asile et le tribunal administratif, sont totalement inadaptés à une telle occupation. Ils présentent en effet de sérieux risques pour la sécurité et la santé des occupants", selon le préfet.

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