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Loi Alimentation: "un chèque en blanc" à la distribution, selon l'UFC-Que Choisir

Loi Alimentation:
La loi Alimentation, votée l'an dernier, a conduit à signer un "chèque en blanc de 1,6 milliard d'euros à la grande distribution", selon l'UFC-Que ChoisirDENIS CHARLET

Votée l'an dernier, la loi Alimentation, censée revaloriser le revenu des agriculteurs, s'est avérée être un échec de ce point de vue pendant qu'à l'autre bout de la chaîne alimentaire, la grande distribution se serait vue remettre un "chèque en blanc", selon l'UFC-Que Choisir et la Confédération paysanne.

"La grande distribution et l'industrie continuent d'imposer des prix agricoles en dessous des prix de revient à de nombreuses filières", affirment vendredi l'association de consommateurs et le syndicat agricole dans un communiqué commun.

"Alors que la hausse de 10% du seuil de revente à perte (SRP) inflige aux consommateurs une inflation qui devrait représenter selon nos calculs 1,6 milliard d'euros sur deux ans, le rééquilibrage des négociations commerciales tant attendu par les agriculteurs et promu par la loi (issue des Etats généraux de l'alimentation, NDLR) n'a pas eu lieu", estiment les deux organismes.

L'UFC-Que Choisir et la Confédération paysanne, "refusant tout à la fois cet inadmissible chèque en blanc des consommateurs à la grande distribution et le chèque en bois reçu par les agriculteurs", demandent au gouvernement l'abandon "immédiat" du relèvement du SRP et l'instauration d'un "véritable rééquilibrage" des négociations en faveur des acteurs agricoles.

Votée l'an dernier, la loi Egalim (ou loi Alimentation) doit permettre de sortir d'un effet domino intenable: la guerre des prix entre les quatre grands de la distribution en France les pousse à réclamer des tarifs toujours plus bas auprès de leurs fournisseurs de l'industrie agroalimentaire, qui eux-mêmes achètent à leur tour le moins cher possible la matière première agricole auprès des paysans, en bout de chaîne.

L'une de ses dispositions phare, le relèvement du SRP, prévoit qu'un produit alimentaire devra être revendu au moins 10% plus cher que le prix auquel il a été acheté.

Sur la base "d'une étude de prix réalisée sur la totalité des magasins des grandes enseignes", les prix alimentaires ont subi lors de l'entrée en vigueur de la mesure (au 1er février 2019, NDLR) une "brutale augmentation" de plus de 0,83% en un mois seulement.

"C'est du grand n'importe quoi, ces chiffres ne veulent absolument rien dire", a réagi à la mi-journée sur RTL le délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), Jacques Creyssel, qui a évoqué quant à lui "+0,1% d'augmentation des prix sur un an sur les grandes marques, +0,3% en général".

Par ailleurs, Selon l'UFC et la confédéation paysanne, au lieu de modérer leurs marges, comme ils l'avaient promis "en contrepartie de la hausse du SRP", les industriels et la grande distribution n'ont pas tenu leur promesse: notamment "pour le lait UHT, alors que depuis 2017 le prix revenant à l'éleveur a diminué de 5%, la marge des distributeurs a au contraire augmenté de 8%".

Enfin, elles dénoncent le non-respect de la prise en compte du prix de revient pour l'agriculteur pour fixer celui à l'achat, qui était l'une des promesses de la loi: "ainsi, le lait de vache est acheté 15% en dessous du prix de production et la viande 14%".

"Je le dis de façon totalement claire: il n'y a pas eu de hausse des prix (mais plutôt) une fin de la déflation voulue par les pouvoirs publics, une baisse des promotions (...) et un retour aux producteurs", notamment dans le secteur du lait, a précisé pour sa part M. Creyssel.

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