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Lutte anticorruption en Ukraine: le Premier ministre menace de démissionner

Lutte anticorruption en Ukraine: le Premier ministre menace de démissionner
Le Premier ministre ukrainien Volodymyr Groïsman à Kiev, le 15 mai 2018Sergei SUPINSKY

Le Premier ministre ukrainien Volodymyr Groïsman a menacé lundi de démissionner faute d'adoption rapide de mesures anticorruption clés promises aux Occidentaux, dans un nouveau signe des difficultés pour Kiev de renforcer la lutte contre ce fléau.

"Je suis profondément convaincu que cette lutte ne réussira pas sans création de la cour" anticorrupion, a déclaré M. Groïsman. "Si cette cour, juste et indépendante, n'est pas créée, je démissionnerai du poste de Premier ministre".

La lutte contre la corruption des élites était l'une des revendications majeures des participants au soulèvement pro-européen du Maïdan en 2013-2014 et reste l'une des exigences-clés des Occidentaux soutenant le pouvoir actuel, issu de ce mouvement

L'Ukraine s'est dotée ces dernières années de nouvelles structures anticorruption comme une agence d'enquête (NABU) et un parquet (SAPU) spécialisés, mais la création d'un tribunal indépendant censé devenir le point d'orgue de ce système traîne.

Les soutiens occidentaux de l'Ukraine dont le Fonds monétaire international pressent Kiev de créer une cour anticorruption spécialisée, décision à laquelle est suspendue la reprise de l'aide financière du Fonds, cruciale pour sa stabilité macroéconomique.

Le Parlement ukrainien doit se prononcer cette semaine sur un projet de loi, adopté en première lecture en mars mais dont l'adoption définitive traîne depuis.

Certaines de ses dispositions - en particulier celle limitant le rôle des experts internationaux dans la formation de cette structure - sont toutefois contraires aux exigences du FMI qui souhaite les amender.

L'attribution à ces experts d'un rôle décisif et non juste "consultatif" dans la nomination de ses juges est mal vue par le président Petro Porochenko, accusé par ses détracteurs de chercher à contrôler le futur tribunal.

Le chef du gouvernement prévoit de "démissionner si (la loi) n'est pas votée dans le format attendu par le FMI", a précisé à l'AFP son porte-parole Vassyl Riabtchouk.

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