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Luxe: LVMH offre 14,5 milliards de dollars pour le joaillier Tiffany

Luxe: LVMH offre 14,5 milliards de dollars pour le joaillier Tiffany
Le géant mondial du luxe LVMH a annoncé lundi avoir engagé des "discussions préliminaires" avec le joaillier américain Tiffany en vue d'un rachat éventuelJohannes EISELE

Le géant du luxe français LVMH a confirmé lundi avoir fait une offre --estimée à 14,5 milliards de dollars-- à Tiffany, l'un des noms les plus connus de la joaillerie, pour étoffer encore sa présence aux Etats-Unis, mais les négociations sont pour l'heure au point mort.

Cette acquisition potentielle serait l'une des plus importantes pour le groupe et viendrait ajouter un nom nimbé de prestige et d'histoire à celui de de Louis Vuitton, Dior ou encore les champagnes Veuve Clicquot et Moët & Chandon.

"A la suite des récentes rumeurs de marché, le groupe LVMH confirme qu'il a engagé des discussions préliminaires concernant une éventuelle opération avec Tiffany", a indiqué LVMH dans un communiqué, tout en précisant qu'à ce stade, il n'y avait "aucune certitude" que ces discussions aboutissent à un accord.

"Tiffany (...) examine attentivement la proposition", a répondu le joaillier, dont le magasin amiral jouxte la Trump Tower sur la 5e avenue à New York.

- Surenchère ? -

Les négociations entre les deux groupes sont pour l'instant "au point mort", a indiqué à l'AFP une source proche du dossier sous couvert d'anonymat. Il n'est pas exclu toutefois qu'ils reprennent langue dans les prochaines semaines.

Les deux parties divergent sur le prix adéquat, Tiffany souhaitant que LVMH, présidé par le milliardaire Bernard Arnault, relève son offre, ce que n'est pas disposé à faire pour le moment le groupe français qui verrait, en cas de fusion, sa croissance dopée aux Etats-Unis, son deuxième marché après l'Asie.

Il limiterait par la même occasion les effets négatifs des tensions commerciales qui menacent la demande pour le luxe en Chine.

Une offre publique d'achat (OPA) hostile n'est pas également à l'ordre du jour, a-t-on ajouté de même source, qui a précisé que LVMH allait attendre.

La société avait fait une offre non engageante en début du mois au bijoutier, avait indiqué à l'AFP dans la nuit de samedi à dimanche une autre source proche du dossier.

Elle consiste à s'emparer de Tiffany, connue pour avoir servi de décor à la scène inaugurale du film "Diamants sur canapé" ("Breakfast at Tiffany's") avec Audrey Hepburn en 1961. En échange, LVMH propose 120 dollars par titre, ce qui représente une prime de 22% pour les actionnaires comparé au cours de clôture du titre vendredi soir à Wall Street.

Lundi, l'action Tiffany s'envolait de plus de 30%, les investisseurs semblant parier sur une contre-offre d'un autre groupe du luxe ou une nouvelle proposition plus élevée de LVMH, présent dans différents secteurs d'activité, allant de la mode aux vins et spiritueux en passant par les parfums, les cosmétiques et la distribution sélective (Sephora).

"Il est difficile de penser que quelqu'un d'autre va signer un chèque de plus de 15 milliards de dollars", a dit une autre source.

- Que fera Tiffany ? -

Il est toutefois "peu probable que les actionnaires de Tiffany acceptent cette proposition initiale", de 14,5 milliards de dollars, "étant donné qu'elle ne représente qu'une prime modeste par rapport à sa valorisation actuelle", estime Michael Hewson, analyste pour CMC Markets.

Les deux camps se livrent à des analyses des performances passées de Tiffany comparé aux autres groupes du luxe, dont les bénéfices et marges ont flambé depuis 2014 sous l'impulsion d'une clientèle asiatique et en l'occurrence chinoise au pouvoir d'achat conséquent.

La marge opérationnelle brute du joaillier a augmenté de 3,6% lors des cinq dernières années, tandis que son chiffre d'affaires a progressé de 6,5% à 4,4 milliards de dollars sur l'exercice fiscal 2018. Sa croissance est néanmoins freinée par le dollar fort et une baisse des dépenses des touristes aux Etats-Unis.

Cette opération, si elle prenait forme, permettrait à LVMH de "compléter un portefeuille de marques uniques", en renforçant sa présence dans la joaillerie, ont commenté les analystes d'Invest Securities.

LVMH détient déjà la marque Bulgari mais est encore loin de son rival Richemont, propriétaire de Cartier et Van Cleef & Arpels.

"C'est tout dire de l'importance que le groupe LVMH continue d'attribuer au marché américain qui reste intrinsèquement le premier débouché mondial du luxe", ont ajouté les analystes d'Invest Securities.

Bernard Arnault, accompagné du président Donald Trump et de sa fille Ivanka, a inauguré, à la mi-octobre, une usine Louis Vuitton dans le Texas (sud).

Fondé en 1837 par Charles Lewis Tiffany, le joaillier new-yorkais avait ouvert sa première boutique dans le sud de Manhattan. Il était entré en Bourse en mai 1987, près de 150 ans après sa création.

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