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De retour à Marseille, Macron donne un petit cours d'entreprenariat

 
 

"J'ai noté douze idées, il faut les mettre en œuvre dans le mois qui vient": de retour à Marseille vendredi soir, Emmanuel Macron a voulu donner un coup de pouce aux dispositifs d'aide aux jeunes entrepreneurs de son plan "Marseille en grand".

Lors de cette première étape d'un court séjour d'un soir et d'un matin à Marseille, le chef de l’État n'a pas répondu aux demandes d'aides de la ville, en particulier sur les écoles, rappelées à nouveau par le maire Benoît Payan.

Arrivé peu avant 20h00, le chef de l’État a passé une heure au Cloître des "Faiseurs d'avenir", dans les quartiers nord de la ville, pour conclure une rencontre entre pouvoirs publics, associations et entreprise, autour de ces quatre "Carrefours de l'Entreprenariat" prévus dans le plan "Marseille en grand" annoncé le 2 septembre.

"Ce Marseille en grand, c'est un pacte de confiance avec les élus, les associations, les entrepreneurs, pour inventer une méthode nouvelle, car les difficultés ici sont si exceptionnelles et les potentialités tellement grandes qu'il y a quelque chose à inventer", a-t-il lancé, au milieu d'une centaine d'invités: "Il y a une concentration de la pauvreté dans certains endroits, et il y a une jeunesse qui, si on n'arrive pas à coordonner notre action, part du mauvais côté".

Applaudissant les propositions pragmatiques de l'auditoire pour encourager les jeunes à entreprendre, il a appelé à des rendez-vous d'étape tous les mois. "Je reviens la prochaine fois dans un autre quartier général, ne lâchez rien", a-t-il conclu.

Il s'est rendu ensuite à la préfecture pour un dîner avec les principaux élus concernés par le plan, dont le maire socialiste Benoît Payan, la présidente LR de la métropole Aix-Marseille et du département Martine Vassal, et des responsables locaux des collectivités et de l’État. Objectif: le bilan de l'exécution des mesures fixées à échéance de deux mois.

En attendant le chef de l’État, Benoît Payan a réclamé son verdict, notamment pour son plan de rénovation des écoles, estimé à 1,2 milliard d'euros: "On attend la décision du président de la République, on espère qu'elle va venir ce soir", a insisté le maire de Marseille, en se voulant optimiste: "A chaque fois qu'il vient, il ne vient pas pour rien".

Dans l'entourage du président, on s'est d'ores et déjà félicité de "l'avancée des principaux chantiers", en prévoyant que cette réunion permettra d'affiner le calendrier de leur mise en œuvre. Le montant total du plan "Marseille en grand" n'a pas été établi formellement mais la participation de l’État est évaluée à 1,5 milliard d'euros, hors rénovation des écoles.

- "Désenclaver les quartiers populaires" -

Dès jeudi, la présidente de la métropole, Martine Vassal, avait également indiqué avoir "beaucoup d'espoir et d'optimisme" avant la visite présidentielle. En particulier sur le point sensible de la métropole, qui regroupe 92 communes et dont le fonctionnement avait été critiqué par Emmanuel Macron.

Elle a assuré qu'"un consensus" s'était dégagé au sein de l'institution pour lancer une réforme de cette collectivité afin de la recentrer sur "ses compétences stratégiques".

Participera également au dîner Pierre Moscovici, le Premier président de la Cour des comptes, qui avait expliqué jeudi à Marseille que le rôle des juridictions financières sera de "valider le bon usage des deniers publics" dans les importants investissements prévus pour la ville.

Sur le plan éducatif, Emmanuel Macron doit également faire le point sur sa proposition d'expérimentation permettant aux directeurs d'une cinquantaine d'écoles "laboratoires" de choisir leurs enseignants.

Dans son entourage, on met en avant un certain intérêt dans le corps enseignant. Plusieurs dizaines de parents d'élèves et de professeurs se sont pourtant rassemblés vendredi en fin d'après-midi, sur la Canebière, pour demander l'abandon de ce projet: "On a d'abord besoin d'une égalité des droits entre toutes les écoles", a insisté Arnaud Dupleix, un parent d'élèves.

Les discussions du dîner porteront aussi sur les autres priorités de "Marseille en grand", dont les transports, avec l'objectif de désenclaver les quartiers populaires du nord de la ville, les plus déshérités. L’État a mis sur la table un milliard d'euros.

Respectant la tradition des présidents d'assister une fois à leur congrès au cours du mandat, Emmanuel Macron rencontrera samedi les responsables des 250.000 pompiers de France, dont 80% sont volontaires. Des volontaires qui attendent un geste de l’État à leur égard.


 




 

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