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Masqués sur le ponton du Vendée Globe, les visiteurs à la découverte de "la dernière aventure sur Terre"

Masqués sur le ponton du Vendée Globe, les visiteurs à la découverte de
Visiteurs faisant la queue pour voir les bateaux devant une peinture murale représentant les skippers participant au Vendée Globe, aux Sables-d'Olonne, le 17 octobre 2020Loic VENANCE
 
 

Masqués et moins nombreux qu'il y a quatre ans, des milliers de visiteurs ont commencé à affluer aux Sables-d'Olonne pour découvrir les 33 bateaux prêts pour le tour du monde, avec à leur barre des marins impatients de disputer la plus périlleuse des courses au large.

"Même avec nos proches, on n'arrive pas à décrire ce qu'est le Vendée Globe et c'est pour ça qu'on y retourne, ce n'est pas pour l'aspect sportif en soi, c'est que le Vendée Globe, c'est la dernière aventure sur Terre", raconte Alan Roura (La Fabrique), benjamin de la course à 27 ans.

Pour toucher du doigt les émotions extrêmes de ce défi vécu seul, sans assistance et sans escale, les visiteurs se massent d'ordinaire durant trois semaines autour des bateaux et des stands des sponsors qui racontent la course.

Mais, crise sanitaire oblige, la jauge du village du Vendée Globe, inauguré samedi, est limitée à 5.000 personnes.

"Les autres années, on doit presque jouer des coudes pour pouvoir voir, apercevoir comme il faut un bateau, prendre une photo, donc là on se sent privilégiés", remarque Cyril Berthomé, un Vendéen venu montrer le village pour la première fois à son fils de quatre ans.

Le public, même restreint, n'était pas pour rassurer le Gallois Alex Thomson (Hugo Boss), qui figure parmi les favoris.

"Ça m'attriste parce qu'il va y avoir beaucoup de personnes qui vont venir ici depuis Paris et j'espère que la pandémie ne va pas arriver jusqu'aux Sables-d'Olonne", a déclaré celui qui participe à son cinquième Vendée Globe.

"Les bateaux vont plus vite que la dernière fois, ce n'est pas complètement différent, c'est plus extrême, plus inconfortable", a-t-il expliqué.

Jérémie Beyou (Charal) estime pour sa part qu'il arrive "avec quelque chose d'assez abouti".

"Je suis à l'aise sur ce bateau, je suis à l'aise en solitaire donc je pense que j'ai une carte à jouer, maintenant les statuts de favoris, ça fait plaisir mais c'est tout, ça s'arrête là. Une fois qu'on est en mer, les étiquettes ne servent pas à grand chose", complète-t-il.

- "Marchand de rêve" -

"Sur les 33 bateaux, il y en a les deux tiers qui ont des foils (appendices situées sur les côtés du bateaux, ndlr), donc c'est une révolution technologique qui fait que les bateaux volent et vont sans doute pulvériser cette année le record de tour du monde qui est de 74 jours", a commenté Yannick Moreau, maire des Sables-d'Olonne.

Six femmes prendront le départ, dont la Britannique Samantha Davies (Initiatives-Coeur) qui trouve "dommage que si peu de public puisse venir".

"Espérons qu'on puisse aider tout le monde à traverser l'hiver difficile qui nous attend", a poursuivi la quadragénaire avec un message d'espoir qui fait écho à celui du doyen Jean Le Cam (Yes We Cam!), 61 ans.

"Ce que je dis souvent, c'est que mon métier, c'est marchand de rêve en fait. C'est comme Pimprenelle avec le marchand de sable qui passait avec des étoiles partout", s'amuse-t-il.

Pendant trois mois cet hiver, il y aura plusieurs courses en une: celle des bateaux neufs dotés de foils, celle des bateaux plus anciens auxquels des foils ont pu été rajoutés et puis les marins dont la "première victoire c'est d'être là", selon l'expression de Clément Giraud (Compagnie du lit-Jiliti).

L'ouverture du village a été l'occasion pour les skippers de se retrouver avant une quarantaine de plusieurs jours qui compliquera notamment les au-revoir.

"Au niveau familial, ça va être un peu compliqué, je vais leur dire au-revoir très tôt au final", relève Charlie Dalin (Apivia).

Le Vendéen Sébastien Simon (Arkea-Paprec) se console en sachant que sa grand-mère, qui vit sur le port, sera tout proche. "Elle a 98 ans et c'est une vraie fierté", raconte-t-il, s'amusant qu'elle demande parfois "quand est-ce que je me mettrais à travailler" et dit "qu'il faut que j'arrête de rêver!".




 

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