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Mega va-t-il vraiment remplacer Megaupload ?

 
 

La nouvelle plateforme de partage de fichiers de Kim Dotcom va tenter de contourner la loi anti-piratage. Explications avant la sortie de Mega, prévue le 19 janvier.

Le sulfureux Kim Dotcom, alias Kim Schmitz, gère à la perfection la communication du lancement de Mega, le successeur de Megaupload. Images, phrases choc, provocations… l'homme se fait passer pour le preux chevalier luttant pour un web libre et gratuit. Sur  Twitter (voir son compte ), sa principale arme de communication massive, il se ferait presque passer pour un prisonnier politique persécuté. 
C'est oublier un peu vite que les responsables de Megaupload sont accusés d'avoir frauduleusement amassé 135 millions d'euros en proposant des copies piratées de films, de programmes télévisés et d'autres contenus. 
Il est actuellement en liberté sous caution en Nouvelle-Zélande, où il vivait au moment de son arrestation. Il reste sous la menace d'une extradition vers les Etats-Unis. En mars 2012, Kim Dotcom avait négocié ses conditions de remise en liberté : pas question de rouvrir Megapload ou de mettre en ligne une entreprise similaire.
Mega arrive le 19 janvier
Et pourtant, épaulé par un bataillon d'avocats, Kim Dotcom fait la grande publicité de Mega, qui sera disponible le 19 janvier prochain, soit un an jour pour jour après son arrestation très médiatique. 
Mega sera comme son aîné: un service de partage de fichiers. Concrètement, vous stockez des documents, des photos, de la musique ou des vidéos dans les nuages (le cloud), puis vous permettez à d'autres personnes de les télécharger sur leur ordinateur. 
Bien entendu, les comptes un peu louches de Megaupload contenaient principalement des films, des séries et d'autres contenus piratés. On pouvait télécharger un film en quelques minutes, aussi (voire plus) facilement qu'un horaire de bus en PDF sur le site de la TEC. C'est pour cette raison que la plateforme a été fermée.
Trois parades pour éviter la fermeture
Pour contourner l'aspect illégal de Mega, ceux qui seront à la tête de ce nouveau site – sans doute pas Kim Dotcom lui-même, qui risquerait la prison – ont trouvé trois belles parades. Qui rendent la nouvelle plateforme " 100% sûr et indestructible ".
Premièrement, les données partagées seront cryptées. Vous "uploadez" un fichier (une vidéo) dans votre espace de stockage, mais celui-ci est protégé par une clé de cryptage, qui brouille le fichier. " Si les serveurs sont perdus, si un gouvernement débarque dans un datacenter et les viole, si quelqu'un pirate le serveur ou le vole, cela ne donnera rien. (...) Tout ce qui est téléchargé sur le site deviendra fermé et privé sans la clé ", a expliqué Mathias Ortmann, un partenaire de Kim Dotcom sur le projet Mega, au magazine américain  Wired
Du coup, Mega " ne pourra pas être tenu pour responsable " de ce qui est stocké sur le serveur. Et donc il ne pourra pas être inculpé de violation du droit d'auteur.
Des serveurs en dehors des USA
Deuxièmement, les serveurs qui hébergeront les fichiers ne seront pas situés sur le sol américain, contrairement à ceux de Megaupload. Le site de Mega a donc fait  un appel (voir sur le site de Mega)  à des entreprises capables de lui fournir des serveurs, qu'il paiera en fonction de l'espace qu'il louera. Seule condition: ces " hébergeurs " ne doivent pas avoir leur siège aux Etats-Unis, pour être certain que Mega ne tombe pas sous le coup de la loi DMCA (Digital Millennium Copyright Act). Tout sera donc "outsourcé". 
Et ça va plus loin: deux ensembles de serveurs seront situés dans deux pays différents, pour éviter la perte des fichiers. " Ainsi, même si un pays décide de 'péter les plombs' d’un point de vue légal et de fermer tous les serveurs, par exemple – ce à quoi nous ne nous attendons pas, parce que nous respectons totalement toutes les lois des pays dans lesquels nous plaçons nos serveurs – ou si une catastrophe naturelle survient, il y aura toujours un endroit où tous les fichiers pourront être trouvés ", a expliqué Mathias Ortmann.
Si du contenu piraté est découvert, il sera retiré
Enfin, pour montrer patte blanche, Mega permettra aux ayants droit (Universal Pictures, par exemple) de faire retirer du contenu (un film piraté, par exemple). Mais il faudra encore le prouver, et vu le cryptage des fichiers, ça s'annonce compliqué. 
" Si les ayants droit découvrent des liens postés publiquement et les clés de décryptage et vérifient que le fichier est en infraction avec leur copyright, ils peuvent envoyer une notification DMCA pour que ce fichier soit enlevé, comme avant ". 
Gratuit avec 50 GB
Voilà pour la théorie. Pour la pratique, il faudra patienter jusqu'au 19 janvier prochain. A travers des copies d'écran postées sur Twitter, Kim Dotcom a dévoilé l'interface de Mega (voir les photos).
On peut y découvrir qu'un compte gratuit donne accès à 50 GB de stockage, et d'autres détails sur les paramétrages de connexion et l'arborescence des fichiers. 
 Mathieu Tamigniau
 
 



 

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