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Menace terroriste, internet et trafic de migrants au menu du G7 des ministres de l'Intérieur

Menace terroriste, internet et trafic de migrants au menu du G7 des ministres de l'Intérieur
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner (d) et son secrétaire d'Etat Laurent Nuñez à la sortie de l'Elysée, le 6 mars 2019 à ParisLUDOVIC MARIN
Internet

La menace terroriste, la gestion des jihadistes et de leur famille, la lutte contre l'emploi d'internet "à des fins terroristes et d'extrémisme violent" mais aussi contre le trafic de migrants et la criminalité environnementale seront au menu du G7 des ministres de l'Intérieur jeudi et vendredi à Paris.

Avant le sommet du G7 des chefs d'Etat du 24 au 26 août à Biarritz, la France, qui préside le groupe pour 2019, organise une série de neuf réunions ministérielles (environnement, santé, social, finances, etc.).

Christophe Castaner et son secrétaire d'Etat Laurent Nuñez vont accueillir dès jeudi leurs homologues allemand, italien, canadien, américain, japonais et britannique, au ministère de l'Intérieur. Dans la foulée, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian réunira ses homologues à Saint-Malo et Dinard (Ille-et-Vilaine), vendredi et samedi.

Après Ischia (Italie) en 2017 et Toronto (Canada) en 2018, c'est la troisième fois que les ministres de l'Intérieur se réunissent sous format "G7".

Selon Beauvau, la rencontre de Paris sera l'occasion d'approfondir la "concertation, la coordination et les échanges d'orientations et de bonnes pratiques" sur des sujets déjà abordés lors des précédentes réunions comme l'état de la menace terroriste endogène ou exogène, ou le retour dans leur pays des jihadistes étrangers de la zone irako-syrienne.

Sur ce dernier point, les pays du G7 sont confrontés à la chute de Baghouz, dernier bastion de l'Etat islamique (EI) qui a signé la fin du "califat" autoproclamé en 2014 par l'organisation ultraradicale et l'annonce surprise du retrait américain de Syrie.

Mais les membres du G7 sont loin de parler d'une même voix sur la gestion de ces combattants étrangers et leur possible retour dans leur pays d'origine.

Les Etats-Unis préconisent que chaque pays prenne en charge ses jihadistes et les juge sur son territoire, quand la France souhaite que les auteurs de crime perpétrés dans la région soient jugés sur place, Paris étant par ailleurs très réservé sur la demande kurde de création d'un tribunal international en Syrie.

Une proposition qui "mérite d'être étudiée", explique cependant Christophe Castaner dans une interview à paraître jeudi dans le Figaro. "Mais elle pose des question pratiques", ajoute-t-il: "Quel personnel envoyer sur place ? Qui paie ? Il faut installer une prison, mettre des magistrats à disposition", détaille-t-il.

Un dîner de travail sera consacré au sujet jeudi soir au palais de la Légion d'honneur. Côté français, la ministre de la Justice Nicole Belloubet participera à ces discussions aux côtés de MM. Castaner et Nuñez.

-'noces de sang entre internet et terrorisme'-

Autre point sur lesquels les membres du G7 tâcheront de faire converger leurs positions: la "lutte contre l'emploi d'internet à des fins terroristes et d'extrémisme violent".

Au ministère de l'Intérieur, on considère que l'approche américaine fondée sur la coopération avec les grands acteurs du net a montré ses "limites". A l'inverse, Paris, Berlin et Londres appuient une législation au niveau européen qui imposerait un retrait de "contenus à caractère terroriste" en ligne dans l'heure. Des représentants de Google, Microsoft, Twitter et Facebook seront présents à Paris pour discuter du sujet.

"Christchurch marque les noces de sang entre internet et le terrorisme", juge Christophe Castaner dans le Figaro. L'assaillant d'une mosquée à Christchurch en Nouvelle-Zélande a diffusé en direct son attaque sur les réseaux sociaux.

"Pourquoi ne pas élargir l'approche sur les contenus terroristes aux contenus haineux?", fait par ailleurs valoir Beauvau en rappelant qu'une proposition de loi contre la haine sur internet serait déposée en mai devant le Parlement français.

La criminalité environnementale et la lutte contre le trafic des migrants et les passeurs sont également à l'agenda des ministres de l'Intérieur qui ont convié leur homologue du Niger Mohammed Bazoum et Ousséni Compaoré, ministre de la sécurité du Burkina Faso qui préside actuellement le G5 Sahel.

Plusieurs rencontres bilatérales sont en outre programmées, dont celle jeudi après-midi entre Christophe Castaner et Matteo Salvini qui a multiplié les pics contre Paris dans le dossier des migrants, et réclame le retour d'une quinzaine d'anciens militants d'extrême gauche des années de plomb réfugiés en France.

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