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Métro du Grand Paris: le calendrier affiné au printemps

Métro du Grand Paris: le calendrier affiné au printemps
Site de forage à Champigny-sur-Marne dans le cadre de la construction de la ligne 15 du Métro du Grand Paris, le 23 janvier 2018Thomas SAMSON

Le nouveau patron de la Société du Grand Paris (SGP), Thierry Dallard, se donne "jusqu'au printemps" pour évaluer et éventuellement adapter le calendrier de réalisation du métro autour de la capitale, qu'il est chargé de construire, a-t-il indiqué mardi.

Après un rapport acide de la Cour des comptes qui s'inquiétait de la dérive des coûts et critiquait vertement une gouvernance défaillante à la SGP, M. Dallard --un ingénieur normalien-- a été mis en mars à la tête de l'établissement public pour redresser la barre.

Sa mission: construire 200 km de métro automatique d'ici 2030, tenir le budget et calmer les esprits, en particulier ceux des élus locaux échaudés par les retards annoncés.

"Pour le planning de toutes les lignes, je crois qu'il va falloir encore un peu de temps pour être capable d'affiner les choses", a-t-il expliqué à des journalistes en marge d'une visite de chantier à la gare de Noisy-Champs, à l'est de Paris.

"Je me suis donné jusqu'au printemps prochain pour être en mesure de revenir avec un peu plus de précisions", a-t-il ajouté.

Les dates de mise en service, rectifiées par le gouvernement en février pour les prolongements de la ligne 14 et les futures lignes 15, 16, 17 et 18, pourraient donc être à nouveau modifiées.

Thierry Dallard a déjà prévenu que la partie sud de la ligne 15, en construction de Pont-de-Sèvres à Noisy-Champs, ne devrait ouvrir qu'au premier semestre 2025, et non 2024 comme prévu.

Pour les lignes qui concernent directement les Jeux olympiques de 2024, il se montre raisonnablement optimiste.

À propos de la ligne 14 existante, qui traverse tout Paris et doit être prolongée --par la RATP-- au nord jusqu'au village olympique de Saint-Denis et au sud jusqu'à l'aéroport d'Orly, "pour l'instant (...), le calendrier est tenu, et je n'ai pas de raison d'être inquiet", a-t-il dit.

Pour la partie de la ligne 16 qui traverse la Seine-Saint-Denis, également prévue pour 2024 de Saint-Denis à Clichy-Montfermeil, "là aussi, le planning est a priori réaliste", a relevé M. Dallard.

- Tenir le budget -

"Le calendrier aujourd'hui est tenu, le calendrier est tenable, mais il ne faut pas qu'il y ait de mauvaises surprises", a-t-il prévenu.

En revanche, le patron de la SGP s'est montré "plus réservé" sur la réalisation à temps pour les JO d'un petit bout de la future ligne 17 qui permettrait d'aller directement de Saint-Denis à l'aéroport du Bourget, où sera installé le centre de presse.

"On n'a pas encore pris de décision" car "le calendrier (...) nous semble extrêmement tendu".

Pour le reste du projet, Thierry Dallard n'exclut pas de nouvelles difficultés techniques: "Si demain il y a une impossibilité, je le dirai".

Mais il n'exclut pas non plus d'ouvrir le cas échéant en 2029 des tronçons annoncés pour 2030, estimant que le recalage du projet annoncé en février permet de "dégonfler la pression".

"Nous n'avions pas les moyens humains, ni techniques, de mener tous les chantiers de front dans les délais impartis", a-t-il noté.

La SGP a déjà ouvert une centaine de chantiers en Ile-de-France, le tiers du total prévu. Deux tunneliers ont creusé 289 et 39 mètres, et onze autres doivent entrer en action l'an prochain.

Côté moyens humains, l'institution va quasiment tripler ses effectifs, afin de mieux maîtriser le projet. Elle compte embaucher environ 400 personnes en deux ans.

Côté finances, l'idée est de trouver des économies pour maintenir le budget global à 35 milliards d'euros (valeur 2012).

On remplacera donc le cuivre par de l'aluminium, on réduira sans doute la voilure dans certaines gares, on valorisera les déchets... "Il y a plein de choses à regarder", a relevé M. Dallard.

Le responsable est en revanche resté muet sur les financements supplémentaires qui pourraient être affectés à la SGP, pour qu'elle puisse rembourser sa dette. La balle est dans le camp du gouvernement, après la remise d'un rapport du député Gilles Carrez (Les Républicains) qui propose de davantage taxer les bureaux, ou les touristes.

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