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Mondial-2019: XV de France cherche buteur pour bien voyager

Camille Lopez, au risque d'y laisser des points? Thomas Ramos, quitte à sacrifier Maxime Médard? Baptiste Serin, préféré à Antoine Dupont? Sans buteur incontesté, le XV de France fait avec les moyens du bord à l'approche de la Coupe du monde.

Tout s'est bien passé samedi à Nice contre l'Ecosse (32-3), premier match de préparation. Tout? Non! Outre le déblayage qui pourrait priver Paul Gabrillagues de Mondial japonais (20 septembre - 2 novembre), Lopez, chargé des tirs au but, a raté trois transformations consécutives, certes excentrées, pour terminer à 3/6.

"En effet, 50%, sur le papier, c'est faible mais vu les coups de pied qu'il a eu à taper...", a relativisé jeudi Jean-Baptiste Elissalde. "Il y a trois coups de pied manqués sur les poteaux de corner, il faut tenir compte de l'intensité du match, qu'on est en pleine préparation. Il va continuer à s'entraîner", a ajouté l'entraîneur adjoint en charge des arrières.

Ce que le Clermontois n'a pas vraiment fait jusqu'ici, de son propre aveu, pendant la préparation physique qui a lessivé les Bleus depuis début juillet. "Sur le peu de temps qu'on avait, ça n'a pas été la priorité", expliquait Lopez (30 ans, 23 sélections) avant le match. "J'ai privilégié la récup' et de bien préparer physiquement le tout, plutôt que de continuer à faire du jeu au pied pendant 30 minutes ou 1 heure. On va y passer plus de temps maintenant."

- Ramos joue gros -

Désigné buteur samedi pour la revanche à Edimbourg, Ramos (24 ans, 5 sél.) confirme que les Bleus n'ont "pas énormément" travaillé ce domaine jusqu'ici. "On n'avait ni la force ni l'envie d'aller buter après les séances d'entraînement, tellement les jambes étaient fatiguées. Sur les derniers 15 jours, on s'y est un peu plus mis."

A Murrayfield, l'enjeu sera de taille pour le Toulousain. "Les buteurs, au niveau international, si ce n'est pas 100% tous les week-ends, c'est 90%. Donc sur ça, il va falloir que je fasse une bonne performance."

D'autant que l'arrière est en balance pour une place de titulaire au poste avec son coéquipier en club Maxime Médard, qui lui ne bute pas. "J'ai peut-être l'atout du but en ma faveur", reconnaît Ramos. "Mais encore faut-il qu'il n'y ait pas trop d'échecs."

Quatre autres buteurs, deux autres N.10, Romain Ntamack et Anthony Belleau, et deux demis de mêlée, Baptiste Serin et Maxime Machenaud, sont candidats. Choisir Ramos, c'est se priver de Médard, très rassurant en fond de terrain. Choisir Serin ou Machenaud, c'est faire une croix sur le dynamiteur Antoine Dupont. Mais le staff nie prendre les choses dans cet ordre-là: d'abord la compo, ensuite le buteur.

- Pas le premier critère -

"Est-ce que ce sera un choix qui dictera la compo d'équipe? Forcément, ce sera un choix à prendre en compte mais ce sera pas le premier truc sur lequel on va se focaliser", affirme Elissalde, pour lequel les "buteurs N.1 dans leur club" (Ramos, Machenaud, Serin) sembleraient avoir la priorité.

"La semaine dernière, il n'y avait pas de buteur N.1, donc on a fait avec le buteur N.2", résume l'adjoint en référence à la situation de Lopez avec l'ASM. Depuis sa fracture du péroné fin 2017, l'ouvreur a conservé une raideur et laissé à Morgan Parra ou Greig Laidlaw le rôle de prendre les points.

Ramos n'est pas une assurance tous risques non plus et rappelle lui-même ses échecs face à l'Ecosse dans le dernier Tournoi - "je fais 2/4" - ou contre La Rochelle en demi-finale du Top 14 - "je loupe 4 coups de pied". "Tout buteur a un jour sans, ça peut arriver, il ne faut pas tout remettre en question", dit le Toulousain. Avant d'affronter au Japon l'Argentin Nicolas Sanchez ou l'Anglais Owen Farrell, redoutables de précision, il faudrait plutôt emmagasiner des certitudes.

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