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Montreuil: une usine jugée "toxique" par des riverains à l'arrêt

Montreuil: une usine jugée
L'usine de traitement chimique SNEM accusée par des riverains d'être "toxique" au cœur d'un quartier résidentiel de Montreuil (Seine-Saint-Denis) est désormais à l'arrêt. Photo prise le 4 octobre 201Martin BUREAU
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Une usine de traitement chimique accusée par des riverains d'être "toxique" au cœur d'un quartier résidentiel de Montreuil (Seine-Saint-Denis) est "à l'arrêt" à la suite de la liquidation judiciaire de la société, a annoncé mercredi la préfecture de Seine-Saint-Denis.

Sous le coup d'une procédure de sauvegarde depuis le 3 août, la SNEM (Société nouvelle d'eugénisation des métaux), qui emploie 25 salariés entre Montreuil et Gellainville (Eure-et-Loir), a été placée en liquidation judiciaire mardi par le tribunal de commerce de Versailles, indique la préfecture dans un communiqué, soulignant que "cette cessation d'activité résulte de considérations économiques".

L'usine de Montreuil "est aujourd'hui à l'arrêt" et "les licenciements des salariés auront lieu dans les prochains jours", poursuit-elle.

Une source au tribunal de commerce a précisé à l'AFP que la société avait jusqu'au 10 août pour fermer ses portes.

"Honte à tous ceux qui n'aiment pas l'industrie française et mettent 25 familles à la rue", a réagi auprès de l'AFP Daniel Stanescu, chef d'atelier sur le site de Montreuil.

Des habitants de cette proche banlieue parisienne réclamaient depuis un an la "fermeture immédiate et définitive" de l'usine spécialisée dans le traitement chimique de pièces aéronautiques pour les groupes Airbus et Safran. Ils la jugent "toxique" pour les écoles et les maisons qui l'entourent.

Leur mobilisation n'avait pas faibli depuis qu'une leucémie avait été diagnostiquée en juin 2017 chez un enfant du quartier. Les accès à l'usine avaient été bloqués à plusieurs reprises, les riverains n'étant pas rassurés par les séries d'analyses conduites sous l'égide de la préfecture qui ont conclu à "l'absence de risque pour la santé des écoliers, des riverains et des salariés".

En septembre, l'exploitant n'excluait pas un déménagement mais se disait miné par ses difficultés financières, exacerbées par les blocages. "Laissez-nous travailler !" avait-il exhorté.

Dans un communiqué, la mairie (PCF) de Montreuil souligne que "l'avenir personnel et professionnel des salariés de l'usine, qui se retrouvent dans une situation dont ils ne sont pas responsables, doit être une priorité". Elle demande "solennellement à l'État (...) de travailler en faveur du reclassement de l'ensemble des salariés" ainsi qu'un "suivi médical sérieux pour chacun d'entre eux".

Le collectif d'opposants estimait quant à lui dès lundi que les groupes Airbus et Safran "ne peuvent pas se contenter d'abandonner la SNEM et son gérant, devenus gênants, sans assumer le coût de la cessation d'activités, le reclassement des salariés et la dépollution du site".

Le site de Montreuil - une installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) soumise à des obligations renforcées - a fait l'objet mardi d'un "état des lieux" et "ne présente pas de risque particulier", précise la préfecture.

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