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ND-des-Landes: les riverains de l'aéroport de Nantes crient à la "trahison"

ND-des-Landes: les riverains de l'aéroport de Nantes crient à la
Des gendarmes surveillent le site de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, le 26 janvier 2018LOIC VENANCE

Plusieurs centaines de "riverains en colère" de l'aéroport de Nantes ont accueilli samedi à Saint-Aignan-Grandlieu la ministre des Transports Elisabeth Borne sous les huées, criant à la "trahison" d'Emmanuel Macron, dix jours après l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, a constaté une journaliste de l'AFP.

La ministre s'est engouffrée vers 12H30 dans la mairie de Saint-Aignan-Grandlieu, commune située en bout de piste de l'aéroport de Nantes-Atlantiques, sous les sifflets et les huées de manifestants "en colère", massés derrière des barrières. Elle en est ressortie discrètement après environ une heure d'entretien sans témoin.

"Macron trahison, Macron démission", "Saint-Aignan sacrifiée, Saint-Aignan humiliée", "La préfète dans la ZAD", ont hurlé les manifestants - 800 selon les gendarmes, 1.000 selon les organisateurs -, jetant des bulletins de vote factices, et déposant un cercueil noir rempli de cartes d'électeurs, barré d'un "Ci-gît la démocratie", au passage de la ministre.

Des riverains ont ensuite tenté de forcer les barrières, avant d'être repoussés par les forces de l'ordre.

"Notre-Dame-des-lâches", "Etat de non-droit", "Zone d'autorité différée", pouvait-on lire sur les nombreuses pancartes tenues par les manifestants, qui accompagnaient une banderole proclamant "Macron trahison" déployée sur la façade de l'hôtel de ville. La ministre est ressortie discrètement de la mairie après environ une heure d'entretien sans témoin.

"Le matin, dès 04H00, 06H00, j'entends les avions. Le bruit des moteurs des avions, c'est tout le temps, tout le temps. On n'en peut plus. Ca devient une peur panique", a témoigné Pascale Van Twembeke, habitante de Bouguenais, où est situé l'aéroport de Nantes.

"Notre judas de président a dit qu'il respecterait le vote des citoyens de Loire-Atlantique. (…) Il a délibérément choisi de rayer de la carte de France une commune, celle de Saint-Aignan-Grandlieu", a lancé au mégaphone Joël Sauvaget, porte-parole du Coceta, collectif de citoyens de Saint-Aignan-Grandlieu.

"C'est une vraie trahison, un coup de poignard dans le dos. La colère est loin d'être retombée", a déclaré à l'AFP Jean-Claude Lemasson, maire de Saint-Aignan, avant de recevoir la ministre.

L'abandon du transfert de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ce n'est "qu'un discours. Aucun acte administratif n'annule le dossier Notre-Dame-des-Landes", a-t-il espéré.

Mme Borne, chargée par le Premier ministre Edouard Philippe d'une mission de six mois sur le réaménagement de Nantes-Atlantique et la desserte de l'ouest de la France, boucle en mairie de Saint-Aignan-Grandlieu un tour de table avec les élus du département.

Elle doit tenir ensuite une conférence de presse à l'aéroport de Nantes.

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