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NDDL: les zadistes se préparent "sans affolement" à d'éventuelles expulsions

NDDL: les zadistes se préparent
Maison à Notre-Dame-des-Landes, située sur la route départementale D281, le 22 janvier 2018LOIC VENANCE

Une "vigilance" accrue mais "pas d'affolement": à quelques jours de la fin de la trêve hivernale, les occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes se préparent à d'éventuelles expulsions et promettent une réaction "unitaire" si elles venaient à se réaliser.

Face au "compte-à-rebours" lancé par le gouvernement et aux promesses d'expulsions dès début avril des zadistes ne souhaitant pas s'inscrire dans l'état de droit et dans un projet agricole, l'heure est à "la vigilance plutôt qu'à l'affolement" sur la ZAD, résume une occupante.

"Forcément, on s'y prépare, ces menaces ont été répétées régulièrement. (...) On s'y prépare à travers beaucoup de réunions, beaucoup de réflexions, mais on essaie de garder le calme et de réfléchir à comment on peut empêcher ces expulsions", souligne Saïd, "permanent" au lieu-dit "La Noé Verte", à l'est de la ZAD, où une conserverie s'est implantée à l'automne 2015.

Si des formations à "l'auto-défense", prévues les 24 et 25 mars, ont été annulées, le mouvement d'occupation a relancé plusieurs appels, via son site internet et les réseaux sociaux, à "défendre la ZAD" et à s'opposer "à toute expulsion de celles et ceux qui ont su protéger ce bocage et souhaitent continuer à y vivre".

Samedi, jour où prend fin la trêve hivernale, des occupants de la ZAD manifesteront à Nantes "contre toutes les expulsions", au côté notamment de migrants, "également sur la sellette".

- "Les liens se resserrent" -

Dimanche, le mouvement d'occupation lance une semaine de chantiers sur la zone, baptisée "Avril fertile - Ils ne nous découvriront pas d'un fil". Choisie à dessein en réponse aux promesses réitérées d'expulsions par le gouvernement, la date du 1er avril vise "à faire venir du monde ici" et à "montrer qu'on continue à construire, qu'on n'a pas envie de partir", indique Saïd.

"Tous les lieux seront défendus" en cas d'intervention des forces de l'ordre, assure cet occupant, même "la dizaine de lieux de vie" en bordure de l'ex-"route des chicanes" traversant la ZAD, qui pourraient être particulièrement ciblés par le gouvernement.

Cette route départementale 281, érigée par l’État en symbole du "retour à l'état de droit" après l'abandon du projet d'aéroport, et empruntée la semaine dernière par le secrétaire d’État à la Transition écologique Sébastien Lecornu, est un point de crispation au sein du très hétérogène mouvement anti-aéroport.

Certains militants anti-NDDL ont affirmé dès le mois de janvier qu'ils ne viendraient pas la défendre. Pour Saïd au contraire, malgré des désaccords entre opposants à l'ex-projet d'aéroport, "plus on approche de l'échéance et plus les liens se resserrent".

La conserverie de la Noé Verte, où il vit avec une dizaine d'autres personnes, a fait l'objet d'une procédure d'expulsion et le délai accordé à ses occupants pour partir a expiré.

Mais pour le mouvement d'occupation de la ZAD, soutenu par une vingtaine d'avocats qui ont envoyé un courrier au Premier ministre Édouard Philippe, la plupart des 97 squats recensés par les autorités ne sont "pas légalement expulsables", faute d'avoir fait l'objet d'une décision de justice et d'avoir reçu un commandement de quitter les lieux.

"L’État agira bien évidemment dans le plus strict respect du droit", a assuré la préfecture de Loire-Atlantique, interrogée par l'AFP.

Parallèlement, les discussions se poursuivent sur le devenir des terres de la ZAD entre les services de l’État et une délégation du mouvement anti-aéroport. Une réunion technique est ainsi prévue cette semaine avec la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), chargée par la préfète de région d'un travail sur la répartition du foncier.

Aucun occupant n'a cependant répondu favorablement aux demandes de la préfecture et du gouvernement de déclarer un nouveau projet agricole individuel avant le 31 mars. Pas par "refus de rentrer dans les clous", assurent les occupants, mais pour continuer à porter leur souhait de gérer collectivement les terres et éviter "un morcellement" du territoire.

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