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Air France: les syndicats maintiennent "le rapport de force", le trafic perturbé

Air France: les syndicats maintiennent
Le trafic était conforme aux prévisions vendredi matin, soit 76% de vols maintenusKENZO TRIBOUILLARD

Les syndicats d'Air France ont tenté vendredi de maintenir le "rapport de force" vis-à-vis d'une direction contrainte d'annuler un quart des vols, à l'occasion d'une troisième journée de grève pour les salaires.

Un rassemblement s'est tenu dans la matinée dans la cafétéria de la compagnie, fermée aux médias, avec 200 à 300 salariés présents, selon les chiffres respectifs de la préfecture et de SUD-Aérien.

Ils ont répondu à l'appel des syndicats de pilotes (SNPL, Spaf, Alter), d'hôtesses et stewards (SNPNC, Unsa-PNC, Unac, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et SUD), mobilisés depuis la première grève du 22 février.

La direction a annoncé le maintien de 76% des vols programmés. Dans le détail, elle prévoyait d'assurer 80% des vols long-courriers et autant de court-courriers, à Orly et en province, ainsi que 70% des moyen-courriers au départ et vers Roissy.

Les onze syndicats ont mené deux grèves les 22 février et 23 mars et en ont programmé deux autres, les 3 et 7 avril, pour obtenir une augmentation générale des salaires de 6%.

La direction a décidé d'appliquer en 2018 une augmentation générale de 0,6% au 1er avril et 0,4% au 1er octobre, ainsi qu'une enveloppe d'augmentations individuelles (primes, promotions, ancienneté...) de 1,4% dédiée aux personnels au sol.

Avec les 130 millions d'euros d'intéressement, "on arrive à 200 millions d'euros" redistribués, a rappelé jeudi le directeur général d'Air France, Franck Terner, en le rapportant au bénéfice d'exploitation de 590 millions d'euros réalisé l'an dernier.

Mais pour les syndicats, seules les augmentations pérennes comptent.

La hausse de 6% demandée sur les grilles salariales de l'ensemble des personnels correspond au "cumul de l'inflation" depuis 2011, date de la dernière augmentation générale, a rappelé Françoise Redolfi (Unsa-PNC), en marge du rassemblement vendredi à Roissy.

Les syndicats n'ont "pas d'autre choix que le rapport de force" car, selon elle, la direction ne joue pas le jeu de la négociation. A chaque fois, l'Unsa souhaite "qu'on arrive à s'entendre, faire quelque chose de +gagnant-gagnant+, etc..., mais c'est juste pas possible", a-t-elle dit à l'AFPTV.

- "Lâcher" plus -

"Le coût de la vie augmente, les salaires n'augmentent pas", a renchéri François, agent au sol. Bénéficiaire, l'entreprise doit "lâcher" plus aux salariés que l'augmentation générale promise, qui ne représente "même pas une baguette par jour pendant un mois", a insisté cet adhérent FO.

Lors du rassemblement, des manifestants ont brandi des pancartes réclamant un "retour sur l'investissement des salariés" ou affiché des autocollants "non aux salaires low-cost", selon des photos transmises par les organisateurs à l'AFP.

Le taux de grévistes définitif sera connu dans la soirée, a indiqué un porte-parole de la direction.

Une première estimation, livrée jeudi à partir des déclarations préalables, indiquait une mobilisation de 31,6 % des pilotes, 28,3 % des hôtesses et stewards, 20,4 % des personnels au sol.

Jusqu'à présent, les tentatives de conciliation de la direction ont été repoussées.

Dernier exemple en date : la négociation entamée mardi avec les syndicats de pilotes, en vue de parvenir à un accord "gagnant-gagnant", s'est terminée deux jours plus tard dans un claquement de porte.

"La direction refuse d'évoquer nos revalorisations salariales tant que nous ne nous engageons pas à les financer !", a écrit dans un tract le SNPL, syndicat de pilotes majoritaire à Air France.

"Pour distribuer de la richesse, il faut d'abord l'avoir créée", a justifié jeudi Franck Terner.

En plus des 6% d'augmentation générale pour tous, les pilotes réclament la revalorisation de certaines primes ou majorations qui gonfle la facture de 4,7%, soit "plusieurs dizaines de millions d'euros", a expliqué le directeur général.

Or, "Air France a besoin de moyens pour investir afin de ne pas perdre des parts de marché", a-t-il fait valoir.

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