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Novartis dopé par la cession de l'automédication à GSK au premier semestre

Novartis dopé par la cession de l'automédication à GSK au premier semestre
Le nouveau patron de Novartis, l'américain Vas Narasimhan, a pour objectif de recentrer les activités du géant pharmaceutique suisse sur les nouveaux médicamentsFabrice COFFRINI
Medicaments

Le géant pharmaceutique suisse Novartis a vu son bénéfice au premier semestre dopé par la cession de ses médicaments sans ordonnance, dans le cadre des grandes manœuvres amorcées par son nouveau patron, l'américain Vas Narasimhan.

Arrivé aux commandes début février, l'ancien médecin-chef du groupe suisse a rapidement lancé de grands chantiers, avec pour objectif de recentrer Novartis sur les nouveaux médicaments.

Dès fin mars, cet Américain de 42 ans avait annoncé sa première grande opération: la vente des parts de Novartis dans une coentreprise avec le britannique GlaxoSmithKline (GSK) dans les médicaments sans ordonnance, puis avait enchaîné sur une offre publique d'achat sur le laboratoire américain AveXis avant de dévoiler fin juin un projet de scission d'Alcon, sa filiale dédiée à l'ophtalmologie, sur laquelle le groupe sous-pesait déjà ses options.

La transaction avec GSK lui a permis d'engranger 13 milliards de dollars (11,1 milliards d'euros), lui constituant un trésor de guerre pour financer le rachat d'AveXis, à qui il a proposé 8,7 milliards de dollars. Mais elle a aussi dégagé un gain substantiel qui a fait décoller son bénéfice: 9,7 milliards de dollars au premier semestre, contre 3,6 milliards un an plus tôt.

Sur les six premiers mois de l'année, son chiffre d'affaires a quant à lui progressé de 5% à taux de change constant et de 9% en dollars, à 25,8 milliards, a détaillé le groupe bâlois dans un communiqué.

Dans le détail, sa division dédiée à la pharmacie a vu ses ventes grimper de 7% à taux de change constant, à 17,3 milliards de dollars, sous l'impulsion de ses traitements en oncologie.

Alcon a de son côté récolté les fruits des investissements pour relancer les ventes, en hausse de 6%, à 3,6 milliards.

Sandoz, sa branche spécialisée sur les médicaments génériques a, en revanche, vu ses revenus s'effriter de 3% à 5 milliards face aux pressions sur les prix aux États-Unis.

"Nous avons accompli, ce trimestre, des progrès importants afin de transformer Novartis", s'est félicité M. Narasimhan, cité dans le communiqué.

- Stabilité des prix aux Etats-Unis -

Novartis a confirmé ses objectifs pour 2018, visant toujours une croissance de ses ventes (hors effets de change) de l'ordre de 1 à 5%, malgré quelques ajustements sur ses prévisions par division.

A 14H24 GMT, l'action grimpait de 3,45% à 80,90 francs suisses, soutenant le SMI, l'indice des valeurs phares de la Bourse suisse, en hausse de 1,09%.

Dans un commentaire boursier, Stefan Schneider, analyste chez Vontobel, a salué ces résultats qu'il a jugé "convaincants".

Interrogé quant à ses intentions aux États-Unis, M. Narasimhan a expliqué lors d'une conférence téléphonique avec la presse que Novartis "ne prévoyait pas d'autres augmentations de prix" en 2018.

La semaine dernière, le géant américain Pfizer avait suspendu certaines hausses de tarifs après un tweet du président américain Donald Trump qui fustigeait les prix des médicaments.

Après une conversation téléphonique avec le locataire de la Maison-Blanche, le patron de Pfizer avait annoncé le report de certaines hausses de prix afin de donner au président le temps de travailler sur son plan de santé.

L'objectif in fine est le même pour tous, a pour sa part déclaré le nouveau patron de Novartis aux journalistes, la finalité étant de mettre en place un système qui permette à la fois de "soutenir l'innovation" tout en veillant à ce que les prix des médicaments restent "abordables".

Aux États-Unis, le groupe suisse a été happé dans le scandale autour de Michael Cohen, l'ex-avocat personnel du président, pour avoir fait appel à ses services via une société de conseils au tout début de son mandat.

Novartis s'était défendu en expliquant que les liens avec l'avocat avait rapidement été rompus après que le groupe eut réalisé dès la première rencontre qu'il ne s'agissait pas du bon interlocuteur.

"La question autour de M. Cohen est close", a estimé M. Narasimhan, malgré un récent rebondissement. Dans un rapport publié vendredi, quatre sénateurs démocrates avaient affirmé que les liens avaient été plus étroits que ne l'avait affirmé Novartis, ce que le groupe suisse avait fermement contesté.

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