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Oléoduc controversé au Canada: l'Alberta veut couper les livraisons à son voisin

Oléoduc controversé au Canada: l'Alberta veut couper les livraisons à son voisin
Manifestation contre l'oléoduc Trans Mountain de la société américaine Kinder Morgan à Burnaby dans la province canadienne de Colombie-Britannique, le 10 mars 2018Jason Redmond

Les députés de la province de l'Alberta, dans l'ouest canadien, ont adopté en première lecture lundi une loi donnant les pouvoirs au gouvernement provincial de couper les livraisons de carburants à la Colombie-Britannique voisine.

Les deux provinces sont à couteaux tirés depuis plusieurs semaines sur l'extension de l'oléoduc Trans Mountain de la société américaine Kinder Morgan.

Selon le texte de loi, le ministre albertain de l'Energie aura la capacité d'accorder et de résilier des licences d'expédition de pétrole.

Comme celle de plusieurs provinces canadiennes, l'économie de la Colombie-Britannique est largement dépendante du pétrole de l'Alberta et devrait alors trouver d'autres fournisseurs aux Etats-Unis ou en Asie.

Dimanche, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a donné implicitement son appui à l'Alberta en affirmant que l'agrandissement de l'oléoduc serait réalisé car il représente un "intérêt stratégique vital" pour le Canada.

Le projet d'extension de Trans Mountain prévoit le triplement de la capacité de l'oléoduc entre les sables bitumineux de l'Alberta et le port de Vancouver.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique, pourtant de même tendance centre gauche qu'en Alberta, s'oppose à cette extension devant les tribunaux. Des communautés autochtones et des groupes écologistes bataillent également depuis plusieurs mois sur le terrain pour s'opposer à cet agrandissement en raison des risques environnementaux.

Le projet de 7,4 milliards de dollars canadiens (4,8 milliards d'euros) du groupe américain Kinder Morgan est actuellement le seul pouvant à court terme permettre à l'industrie pétrolière de l'Alberta d'écouler sa production en augmentation croissante alors que le réseau canadien d'oléoducs est saturé.

Face aux retards, aux oppositions et aux complications sur le plan légal, Kinder Morgan a suspendu ses travaux début avril en fixant au 31 mai un ultimatum aux différentes parties pour trouver un accord.

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