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Philippines: multiples simulations de la police avant la fermeture de l'île de Boracay

Philippines: multiples simulations de la police avant la fermeture de l'île de Boracay
Des policiers sur une plage de Boracay lors d'exercices de simulation, le 25 avril 2018 aux PhilippinesNOEL CELIS

Simulations de manifestations, de prises d'otages et même d'attentat... La police philippine s'est préparée mercredi au pire, à la veille de la fermeture très controversée de l'île touristique de Boracay.

Dénonçant le fait que les eaux de cette île minuscule ultra fréquentée et ses plages de sable blanc s'étaient transformées en "fosse septique", le président philippin Rodrigo Duterte a ordonné que Boracay soit interdite aux touristes pendant six mois pour permettre notamment la construction de réseaux de traitement des eaux usées.

La mesure a été fortement critiquée par les habitants de Boracay et les employés du secteur touristique qui, privés de leurs revenus, ont saisi la Cour suprême dans une ultime tentative pour faire annuler la fermeture.

Les autorités avaient annoncé l'envoi de centaines de policiers en renfort sur l'île pour éviter tout débordement.

Et mercredi, les forces de l'ordre ont participé à des simulations de troubles en tout genre, avec de faux manifestants jetant des bouteilles d'eau et même de faux ravisseurs enlevant des touristes sur une plage de sable blanc.

"Voir autant de soldats et de policiers m'a effrayée", a confié à l'AFP Dory Gaitano, une habitante de l'île. "Je croyais qu'ils ne feraient que démolir les établissements n'étant pas aux normes. Pourquoi y a-t-il un nombre incalculable de policiers?"

Le secteur du tourisme avait averti que la fermeture de l'île mettrait en péril 17.000 emplois. L'île a accueilli en 2017 environ deux millions de touristes générant un milliard de dollars pour l'économie philippine.

La décision abrupte des autorités a contraint des centaines d'hôtels, de restaurants et de voyagistes à annuler leurs réservations. Des employés du secteur du tourisme et des habitants de l'île se sont tournés mercredi vers la justice.

"C'est avant tout un recours constitutionnel contestant l'autorité de l'exécutif à prendre une décision arbitraire", ont affirmé leurs avocats dans un communiqué.

"Si Boracay est interdit aux touristes, ils perdront leurs sources de revenus et ne pourront plus nourrir leurs familles", ont-ils ajouté.

M. Duterte accuse les hôtels et bars de l'île de déverser directement leurs eaux usées dans la mer. Selon le ministère de l'Environnement, 195 commerces et 4.000 particuliers de l'île ne sont pas connectés aux réseaux d’égouts.

Il a également promis deux milliards de pesos (38,2 millions d'euros) pour aider les travailleurs laissés sur le carreau. Mais certains employés attendent toujours de voir l'argent arriver.

"Mon fils est épileptique et je dois payer son traitement", explique à l'AFP Jenelyn Besana, une vendeuse de souvenirs. "Le gouvernement doit proposer un travail mais j'attends toujours: Quel travail? Et pour quand?"

"Je suis prête à prendre n'importe quel travail si je suis payée tous les jours", ajoute-t-elle.

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