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Plomb de Notre-Dame: quels dangers pour la santé?

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Quels sont les risques pour la santé liés au plomb? A partir de quelle quantité dans l'environnement y a-t-il un danger? Le point sur les questions sanitaires que pose la pollution à ce métal lourd, six mois après l'incendie de la cathédrale Notre-Dame.

- Quels sont les risques?

Pendant le sinistre qui a très gravement endommagé Notre-Dame le 15 avril, 300 tonnes de plomb contenues dans la charpente de la flèche et la toiture ont fondu et une partie s'est répandue dans l'air sous forme de particules.

Or, le plomb est une substance toxique. "Il n'existe pas de concentration dans le sang qui soit sans danger", avertit l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Ce métal entre dans l'organisme par inhalation ou par ingestion puis se diffuse pour atteindre le cerveau, le foie, les reins et les os. Une exposition aiguë ou chronique à des niveaux élevés entraîne des troubles digestifs, une perturbation des reins, des lésions du système nerveux ou des anomalies de la reproduction.

Les enfants, au système nerveux en plein développement, sont très vulnérables à cette intoxication, aussi appelée "saturnisme". Et leur tendance à porter des objets à la bouche les expose davantage.

Même des concentrations sanguines faibles "peuvent affecter l'intelligence de l'enfant et entraîner des problèmes comportementaux et des difficultés d'apprentissage", selon l'OMS.

En France, depuis 2015, on parle de cas de saturnisme au-dessus d'un taux dans le sang (plombémie) de 50 microgrammes par litre de sang (µg/l). 837 nouveaux cas ont été notifiés en 2016, selon Santé publique France. Un "seuil de vigilance" est établi à 25 µg/l.

- Quelle concentration dans l'environnement?

Après des mesures rassurantes sur la qualité de l'air, le débat s'est porté sur la concentration de plomb sur les sols autour de Notre-Dame.

Marcher sur des poussières de plomb ne présente pas de danger, mais on peut en rapporter chez soi sous ses semelles, avec le risque que des enfants les ingèrent.

Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) recommande un dépistage du saturnisme infantile en cas de dépassement du seuil de 70 µg/m2 dans les "poussières déposées dans les logements". Dans cette configuration-là, on peut selon lui s'attendre à retrouver une plombémie supérieure à 50 µg/l chez environ 5% des enfants.

Le HCSP préconise une attention particulière envers les sols des écoles et autres espaces collectifs pour enfants.

C'est sur ces préconisations que la mairie de Paris s'est appuyée pour rassurer les parents après les prélèvements réalisés dans une dizaine d'établissements du quartier mi-mai: aucun ne dépassait "en moyenne" 70 µg/m2, même si des valeurs ponctuellement plus élevées ont été retrouvées.

Un "nettoyage approfondi" des écoles environnant la cathédrale a malgré tout été réalisé "par précaution" pendant l'été, suivi de nouvelles mesures. Les résultats de celles-ci ont conduit à retarder de quelques jours la rentrée dans cinq écoles privées.

Fin juillet, l'association Robin des Bois a porté plainte contre X après la pollution au plomb provoquée par l'incendie, en accusant les autorités d'avoir tardé à réagir et manqué de transparence.

- Qu'ont donné les tests sur les enfants?

Selon les derniers chiffres disponibles, près de 750 enfants ont été dépistés à la date du 12 septembre pour contrôler le plomb dans leur sang. Conclusion à ce stade: il n'y a "pas de signal d'alerte" sanitaire, selon l'ARS.

Sur ce total, on connaît les résultats détaillés de 398 dépistages. Parmi eux, il y a eu 34 cas au-dessus du "seuil de vigilance" (25 à 50 µg/l), et trois cas légèrement au-dessus du seuil de déclaration obligatoire de saturnisme (50 µg/l).

Pour deux d'entre eux, une source de contamination au domicile a été identifiée, sans lien avec l'incendie.

Les résultats détaillés des plombémies réalisées en septembre ne sont pas encore connus. On sait simplement que trois nouveaux cas dépassent le seuil de 50 µg/l, ce qui en fait donc 6 en tout. Là encore, on ne peut pas dire si ces cas sont ou non liés à Notre-Dame.

Pour autant, selon l'ARS, ces trois cas "ne modifient pas les conclusions globales", rassurantes à ce stade.

- Une pollution plus ancienne?

C'est la question que se posent désormais les autorités sanitaires: la présence de plomb à Paris est-elle due à l'incendie de Notre-Dame ou à des sources plus anciennes (revêtement des toitures, ferroneries des balcons, sols pollués par le plomb contenu dans l'essence jusqu'en 2000)?

Pour y voir plus clair, l'agence de sécurité sanitaire Anses a été chargée d'évaluer la réalité et l'impact de cette pollution antérieure à l'incendie.

La tâche est compliquée par le fait qu'il n'existe pas de seuil réglementaire sur la présence de plomb dans les rues. C'est pourquoi l'incendie de Notre-Dame a mis les autorités face à un problème inédit.

Après le sinistre, les niveaux mesurés sur le parvis (500.000 à 900.000 µg/m2) et dans la cathédrale ont justifié la fermeture au public et la suspension du chantier fin juillet. Il a repris le 19 août, avec de nouvelles mesures de protection pour les travailleurs.

Mais des mesures prises dans les alentours ont révélé des valeurs disparates, difficiles à interpréter: 50.000 µg/m2 rue de la Cité ou encore 20.000 µg/m2 place Saint-Michel, de l'autre côté de la Seine.

Pour tenter de mieux comprendre, les autorités ont cherché à déterminer quel taux du fameux métal était déjà présent sur les sols parisiens avant l'incendie.

A partir de prélèvements de ces dernières années, l'ARS a estimé à 5.000 µg/m2 le niveau de pollution au plomb qu'on peut s'attendre à retrouver dans les rues de la capitale. C'est sur la base de cette valeur-repère qu'ont été mis en oeuvre des dépistages ciblés et des opérations de décontamination dans certaines écoles.

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