En ce moment
 
 

Plus de 3.600 sans-abri recensés lors de la "nuit de la solidarité" à Paris

Plus de 3.600 sans-abri recensés lors de la
Un sans-abri dort dans la rue à Paris, le 10 septembre 2018Philippe LOPEZ

Plus de 3.600 personnes sans-abri ont été recensées lors de la "nuit de la solidarité" organisée le 7 février à Paris, selon les premiers résultats dévoilés jeudi par la mairie de Paris.

Lors de la première édition de cette opération en 2018, les 2.000 bénévoles et travailleurs sociaux avaient compté 3.035 personnes à la rue en une nuit.

"Malgré l'ouverture de 3.000 places d'hébergement supplémentaires par l'Etat et la Ville, on voit que les chiffres restent assez stables et qu'il n'y a pas de baisse du nombre de personnes à la rue", a déclaré à l'AFP Dominique Versini, adjointe à la solidarité de la mairie de Paris.

L'an dernier au cours de la même nuit, 21.500 places d'hébergement étaient ouvertes au total dans la capitale, contre 24.400 cette année.

"Il faut maintenant travailler dans la finesse et se demander combien de places sont nécessaires pour faire baisser le nombre de personnes en situation de rue", a ajouté Mme Versini.

Sur les 3.622 sans-abri recensés, 2.232 (2.080 en 2018) ont été repérés dans les rues de Paris, où les chiffres par arrondissement restent à peu près identiques à ceux de l'année précédente sauf dans les 10e, 18e et 19e arrondissements, en lien avec les mouvements de population migrante.

Le 10e arrondissement de Paris a vu son nombre de sans-abri diminuer de 50% (127 contre 274), car "l'an dernier il y avait énormément de migrants sur les bords du canal Saint-Martin", explique Mme Versini.

Dans les 18e (421 contre 246) et 19e (318 contre 215) arrondissements en revanche, leur nombre a augmenté. "L'an dernier, le centre d’accueil humanitaire porte de la Chapelle accueillait plus de 400 personnes à la même époque", relève Dominique Versini.

"Il faut donc absolument revoir la question de l'accueil et de l'hébergement des migrants qui arrivent sur Paris", estime-t-elle.

Dans les gares, le métro, les urgences des hôpitaux publics, les parkings et les immeubles HLM, 751 personnes (766 en 2018) ont été comptées.

Et 639 personnes ont été répertoriées dans les bois (Vincennes, Boulogne), les jardins et les talus du périphérique.

"Notre action et détermination continuent, avec les élus locaux et les associations", a déclaré à l'AFP le ministre du Logement Julien Denormandie, précisant que depuis le 1er novembre, 15.000 places ont été ouvertes sur tout le territoire dans le cadre du plan hiver. "Mais la vraie réponse est de permettre aux personnes en détresse d'avoir accès au logement pérenne", a-t-il dit.

"La nuit de la solidarité, qui existe dans de nombreuses autres villes comme New York ou qui va être mise en place dans d'autres villes comme Berlin, permet de savoir comment évolue la population des sans-abri", souligne Mme Versini.

Une analyse qualitative de ce recensement doit être rendue publique fin mars.

Vos commentaires