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Premiers accords entre Boeing et des familles de victimes du crash de Lion Air

Premiers accords entre Boeing et des familles de victimes du crash de Lion Air
Des avions 737 MAX du constructeur aéronautique Boeing, stationnés à SeattleDavid Ryder

Boeing a conclu les premiers accords avec des familles des 189 victimes du crash du vol 610 de Lion Air, un arrangement prévoyant le versement d'au moins 1,2 million de dollars par victime.

"Nous avons conclu un accord le mois dernier avec Boeing pour onze des dix-sept familles que nous représentons", a indiqué mercredi à l'AFP Alexandra Wisner, une des avocates en charge de ces dossiers au cabinet Wisner Law Firm à Chicago.

Elle s'est dite "optimiste" pour les six autres dossiers et n'a pas souhaité dire s'il y avait des points de blocage avec Boeing.

D'après une source proche, l'accord, qui est confidentiel, prévoit que le constructeur aéronautique américain verse au moins 1,2 million de dollars par victime.

Autrement dit, s'il y avait trois membres d'une même famille -- un couple et un enfant par exemple -- ce montant sera multiplié par trois.

"Boeing coopère totalement avec les autorités qui enquêtent (sur ces accidents). Nous ne commentons pas directement les plaintes", a déclaré un porte-parole.

Le 737 MAX de Lion Air s'était écrasé le 29 octobre 2018 au large de la mer de Java en Indonésie.

- Plus de cent plaintes demeurent -

Cet accord intervient au moment où le constructeur aéronautique, dont la culture interne est vivement critiquée, cherche à se réorganiser pour gagner en efficacité sur les questions de sécurité.

Il va créer un comité permanent de la sécurité aérospatiale au sein de son conseil d'administration, dont la responsabilité première sera "la supervision et de s'assurer de la sécurité de la conception, du développement, de l'assemblage, de la production, de la mise en oeuvre, la maintenance et la livraison des produits et services" de Boeing.

L'accord à l'amiable entre Boeing et les onze familles des victimes est distinct du fonds spécifique mis en place par Boeing pour indemniser les familles des victimes des accidents des 737 MAX de Lion Air et d'Ethiopian Airlines du 10 mars dernier (157 morts).

Dans le cadre de ce fonds, Boeing a promis de verser 144.500 dollars à chaque famille des 346 victimes et avait clairement déclaré, via la voix du célèbre avocat américain Kenneth Feinberg: "Le fonds est séparé et à part de tout contentieux. Le fonds est purement volontaire; personne n'est forcé d'y participer".

Outre les clients du cabinet Wisner, le groupe de Chicago fait face à environ une quarantaine d'autres plaintes liées au crash de Lion Air devant les tribunaux de Chicago, ville abritant son siège.

Le nombre d'actions judiciaires recensées jusqu'ici pour Ethiopian Airlines est de 97, avec des victimes qui sont originaires de plus d'une trentaine de pays.

"Les négociations (pour les familles des victimes du crash d'Ethiopian Airlines) n'ont pas encore commencé mais elles devraient l'être dans les prochaines semaines", a déclaré mercredi Alexandra Wisner.

Dans les deux accidents, le système anti-décrochage MCAS, spécialement conçu pour le 737 MAX, a été mis en cause par les enquêtes préliminaires.

Toute la flotte des Boeing 737 MAX a été bannie du ciel à travers le monde mi-mars et il n'y a toujours pas de date sur son retour en service plus de six mois plus tard.

Outre l'avionneur, les critiques se multiplient aussi contre l'agence fédérale de l'aviation (FAA), le régulateur aérien américain.

Il lui est reproché notamment d'avoir été la dernière autorité à clouer l'avion au sol et d'avoir confié à Boeing l'homologation des systèmes importants du 737 MAX, dont le MCAS.

Grâce à une procédure baptisée ODA adoptée en 2005 sous la pression du lobby aéronautique, sur fond de dérégulation et de baisse du budget de l'agence, Boeing choisissait les ingénieurs devant inspecter ses avions, la FAA apposait son sceau.

Boeing a fait un geste mercredi en direction des régulateurs européens et canadiens, qui ont fait de la formation des pilotes une priorité pour lever l'interdiction de vol frappant le 737 MAX.

L'avionneur suggère de "travailler avec toutes les parties prenantes de l'aviation pour conseiller et recommander la formation générale des pilotes, les méthodes et les programmes d'études, au-delà de ceux recommandés dans un programme de formation traditionnel", pour tous les avions commerciaux qu'il fabrique.

Une façon également de répondre aux critiques sur la formation défaillante sur le 737 MAX.

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