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Présidence du Medef: le conseil exécutif vote en majorité pour Roux de Bézieux

Présidence du Medef: le conseil exécutif vote en majorité pour Roux de Bézieux
Geoffroy Roux de Bézieux, candidat à la présidence du MedefJOEL SAGET

Le conseil exécutif du Medef a placé lundi Geoffroy Roux de Bézieux en tête de son vote consultatif pour succéder en juillet à Pierre Gattaz, devant l'autre favori dans la course Alexandre Saubot, qui ne s'avoue pas pour autant vaincu.

Les 45 membres du conseil exécutif de la première organisation patronale ont donné 22 voix à M. Roux de Bézieux, fondateur du groupe Notus Technologies, contre 16 voix au patron du groupe industriel Haulotte Alexandre Saubot, a annoncé à l'issue du vote la secrétaire générale du Medef, Carole Ozenne.

Les deux autres candidats, Patrick Martin et Olivier Klotz, ont pour leur part obtenu respectivement cinq et une voix, au cours de ce scrutin purement consultatif qui ne présage pas forcément du résultat de l'élection du 3 juillet prochain, où les 556 membres votants de l'Assemblée générale de l'organisation auront le dernier mot. Un vote nul a par ailleurs été recensé.

"Il y a une claire majorité qui se dégage", s'est félicité devant des journalistes M. Roux de Bézieux, affirmant que c'était le "plus haut score jamais atteint pour un candidat au conseil exécutif".

Soulignant que le sujet essentiel était "la transformation des entreprises", qu'elle soit "numérique" ou "énergétique", il a lancé "un appel au rassemblement" à l'adresse de ses concurrents.

Un appel auquel Alexandre Saubot a opposé dans l'immédiat une fin de non-recevoir. Le dirigeant, jusqu'il y a peu négociateur social du Medef, a minimisé l'impact du vote du conseil exécutif, affirmant qu'il n'avait "aucun effet" sur le résultat final de l'élection du 3 juillet.

"Ma candidature a reçu un assez large soutien dans des fédérations importantes, je vais continuer à travailler autour du rassemblement", a-t-il déclaré.

Cet ancien Polytechnicien a indiqué qu'il continuerait à aller à la rencontre de tous les adhérents de l'organisation patronale pour les convaincre que son projet, qui vise à "réconcilier la France et l'entreprise", était "le seul à mettre à même le Medef de peser sur les choses".

- Patrick Martin, l'homme à courtiser -

Parmi les plus grosses fédérations professionnelles, M. Saubot a rappelé avoir reçu le soutien de l'UIMM, celle de la métallurgie qui a un fort ancrage territorial, de la Fédération bancaire française, de la Fédération nationale des travaux publics, de celle du Commerce et de la distribution et de Prism'Emploi, la fédération des professionnels et du recrutement.

Il a par ailleurs été rallié la semaine dernière par un autre candidat, le patron du Medef Hauts-de-France, Frédéric Motte.

De son côté, M. Roux de Bézieux, vice-président du Medef chargé du pôle économie, a été rejoint par deux ex-candidats, le très libéral Jean-Charles Simon, et Dominique Carlac'h, qui était la seule femme dans la course.

Il a aussi obtenu le soutien de la Fédération française des assureurs, de l'Association nationale des industries alimentaires, ou encore de 27 présidents de Medef territoriaux et régionaux.

Dans ce contexte, le président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes, Patrick Martin, devrait être ardemment courtisé dans les prochains jours.

Jugeant que le score du vote "relativisait les ambitions réellement réformatrices du conseil exécutif" du Medef, il a indiqué qu'il allait "faire le point" avec ses soutiens pour voir "quelles conséquences" tirer de ce vote, évoquant la possibilité de "rejoindre" l'un ou l'autre des favoris. Il devrait annoncer sa décision "dans les prochains jours".

Reste encore à voir quelle sera la position de la Fédération française du bâtiment, qui doit se décider le 14 juin, mais aussi de l'Union industrielle de la chimie ou encore celle des industries de la santé, ainsi que celles des fédérations territoriales.

Le vote a seulement "confirmé que le match était très serré" entre les deux favoris, a estimé auprès de l'AFP un observateur au sein du Medef, n'excluant pas un retournement de tendance le 3 juillet.

Les 45 membres du conseil exécutif ne sont en effet pas représentatifs de l'ensemble des votants de l'Assemblée générale, où 375 voix représentent les fédérations professionnelles et 170 les fédérations territoriales.

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