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Procès du "groupe de Tarnac": le tribunal rendra son jugement le 12 avril

Le tribunal correctionnel de Paris, devant lequel ont comparu durant trois semaines huit membres de la communauté libertaire de Tarnac pour association de malfaiteurs et dégradation d'une ligne SNCF, a mis vendredi son jugement en délibéré au 12 avril à 10H00.

Des peines allant d'une simple amende de 1.000 euros avec sursis à 6 mois ferme ont été requises mercredi par le ministère public à l'encontre des huit prévenus. Leurs avocats ont plaidé leur relaxe.

Le procès a pris fin vendredi par un feu d'artifice verbal de certains prévenus, qui ont pris la parole pendant plus d'une heure après la plaidoirie de leur dernier avocat.

"Vous vous attendiez à voir un gourou, une secte, des théoriciens d'une révolution violente et vous vous êtes retrouvés face à nous et je crois que nous vous sommes apparus incroyablement banals", a lancé Mathieu Burnel, qui a longtemps commenté une phrase de la présidente les qualifiant de "mal élevés".

"Nous n'avons pas baissé les yeux, pas fait de courbettes, pas cédé au rituel de la soumission. Nous n'avons pas joué un rôle, nous nous sommes battus pour ne pas être écrasés", a lancé le prévenu. "Et quelle que soit l'issue du procès, nous n'en sortirons pas flétris mais plus forts", a-t-il ajouté.

"Si vous pouvez nous juger, c'est parce qu'il y a eu des gens, un jour du 14 juillet, qui ont fait une émeute et même pris d'assaut une prison", a asséné Julien Coupat, poursuivi notamment pour avoir commis des violences lors d'une manifestation à Vichy.

Il avait auparavant doctement critiqué le fonctionnement de la justice, citant l'héritage de l'Inquisition, les lettres de cachet et le philosophe Michel Foucault.

Yildune Levy a dit sa conviction que "l'ordre des choses, l'organisation sociale et même cette justice n'étaient pas une fatalité" et qu'elle continuerait "à lutter pour un nouveau monde".

Dans cette affaire retentissante et très politique, les huit prévenus de la communauté de Tarnac (Corrèze) qui comparaissaient depuis le 13 mars ont été poursuivis pendant neuf ans pour terrorisme avant que cette qualification ne soit abandonnée.

La justice reproche aux cinq hommes et trois femmes, âgés de 31 à 43 ans, d'avoir, sur le fondement d'une idéologie développée dans un livre qui leur est attribué ("L'insurrection qui vient"), participé au sabotage d'une ligne SNCF à Dhuisy (Seine-et-Marne) et organisé des actions violentes contre des intérêts de l'État, notamment le 3 novembre 2008 lors d'une manifestation à Vichy.

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