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Procès Pastor: "j'ai demandé à Dauriac de résoudre le problème", avait avoué Janowski

Procès Pastor:
Croquis d'audience montrant Wojciech Janowski jugé devant la Cour d'assises des Bouches-de-Rhône à Aix-en-Provence le 17 septembre 2018Benoit PEYRUCQ

"J’ai demandé à Pascal Dauriac de résoudre le problème qu’était ma belle-mère": la cour d’assises a visionné, mercredi, l’enregistrement des aveux que Wojciech Janowski, accusé du meurtre de sa belle-mère, la milliardaire Hélène Pastor, avait passés, en garde à vue.

Soupçonné d'avoir commandité le double meurtre de Mme Pastor et de son chauffeur, Janowski s’était ensuite rétracté et déclaré totalement innocent.

Durant près de deux heures trente, les écrans de la cour d’assises ont diffusé la sixième audition de Janowski, pendant sa garde à vue, plongeant les jurés dans le huis clos de la confrontation avec deux policiers qui d’emblée le considèrent comme étant le commanditaire.

"Vous avez commandité ce meurtre oui ou non ?", demande la policière ? "Oui" lâche Janowski.

"Je ne suis pas allé chercher Pascal Dauriac", son coach sportif, organisateur présumé des assassinats, "c’est Pascal Dauriac qui est venu vers moi", ajoute-t-il.

Secoué par des sanglots, l’homme explique que sa compagne était "maltraitée" par sa mère qui exerçait sur elle "une pression psychologique" permanente. "Depuis le jour où j’ai connu Sylvia, le 15 juillet 1986, il n’y avait pas un jour – 30 ans fois 360 jours - , vous imaginez le nombre de jours où j’ai ramassé Sylvia à la petite cuillère ? ". Il en fait la seule motivation du meurtre, assurant qu’"il n’y a rien d’autre, pas d’argent, je m’en fous de l’argent".

Au début du procès, Janowski, pour expliquer ses aveux, avait martelé que sa garde à vue avait été "falsifiée" et dénoncé des mauvais traitements durant les quatre jours où il avait été retenu. "La seule chose qu’ils n’ont pas fait, c’est de m’arracher les ongles", avait-il déclaré. La diffusion de l’enregistrement a montré un traitement tout autre. Lorsque l’enquêtrice propose une reformulation d’un propos, il valide : "Vous avez très très bien dit Madame". Réclame-t-il un coca cola ? De l’essuie-tout pour s’éponger ? Un policier les lui apporte.

On entend le clavier de l’ordinateur alors qu’il dicte ses réponses, notamment ses explications sur les 200.000 euros remis à Dauriac, en coupures de 200, 100 et 50 euros. Janowski prend parfois le temps de réfléchir pour livrer des sentiments qu’il présente comme complexes. A l’annonce du décès de Mme Pastor, il confesse ainsi "deux sensations en même temps, la souffrance de nous tous, moi inclus et la sensation de soulagement". A un autre moment, il déclare: "Je me suis tué moi-même en faisant ça".

Depuis le box des accusé, Janowski dont les cheveux ont blanchi en prison regarde les images, impassible. Face à lui, son ex-compagne s’est effondrée en pleurs à peine l’audience levée.

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