"Provocation" ou avancées: les syndicats de cheminots divisés après la réunion sur le rail

Le secrétaire général de la CGT Cheminots, Laurent Brun, lors d'une manifestation à Paris le 3 mai 2018JACQUES DEMARTHON

Les syndicats sont sortis divisés vendredi de la réunion tripartite avec le gouvernement et le patronat du secteur ferroviaire, la CGT Cheminots dénonçant une "provocation" tandis que CFDT et Unsa, tout comme le patronat et la ministre Elisabeth Borne, y ont vu des avancées.

Après avoir annoncé le matin la poursuite du mouvement de grève à la SNCF en juillet, le leader de la CGT Cheminot, Laurent Brun a estimé ne pas avoir perçu l'existence de "solutions de sortie" de crise dans cette rencontre. "Dans les mois qui viennent, les cheminots sauront être à la pointe de la contestation de ce gouvernement", a-t-il insisté.

Egalement très en pointe dans la mobilisation qui a démarré début avril, Erik Meyer, secrétaire fédéral de SUD-Rail, a assuré que "les grévistes continueront à mettre la pression le temps nécessaire pour être entendus et que s'ouvrent enfin de vraies négociations".

"Le gouvernement refuse le dossier et passe le bébé au patronat du ferroviaire et aux organisations syndicales", a-t-il regretté, en référence à cette réunion, qui visait à jeter les bases d'une nouvelle convention collective dans la branche ferroviaire, pour les salariés qui n'auront pas été embauché au statut de cheminot.

Son syndicat défend le principe de grèves ciblées sur "des dates importantes, qui font sens pour les cheminots".

A l'inverse, Roger Dillenseger, secrétaire général de l'Unsa ferroviaire, a relevé pendant ces presque trois heures de réunion "des éléments importants que nous allons soumettre à nos structures". Disant ressentir un "a priori favorable de cette réunion", il a jugé "plutôt positive" l'intervention de l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP, patronat du secteur).

Interrogé sur l'unité de l'intersyndicale, les trois ont reconnu qu'elle ne tiendrait peut-être pas.

"Si la SNCF fait un geste et si ce qui nous a été dit" lors de la réunion de vendredi "est confirmé, nous porterons ces propositions-là à nos équipes, à nos adhérents, qui décideront en toute démocratie et pour ce faire nous avons un conseil national mardi", a déclaré le représentant de la CFDT, Didier Aubert, soulignant que certaines de ses demandes ont "été actées".

Côté patronal, le président de l'Union des transports publics et ferroviaires, Thierry Mallet, a souligné que "l'UTP propose une convention collective de haut niveau" et relevé qu'il y avait "des organisations syndicales, et notamment l'Unsa et la CFDT, qui étaient prêtes à ouvrir ce dialogue, et à engager les discussions sur cette convention collective de branche".

Avec la CGT et SUD-Rail, "il y a des points de vue différents, on est au début de la négociation".

Quant à la ministre Élisabeth Borne, elle a noté que "l'UTP a pu faire des avancées depuis le document qu'elle a présenté le 24 mai dernier". "Je pense qu'on a des convergences avec certaines organisations syndicales", a-t-elle ajouté, se disant "confiante sur la façon dont cette négociation de branche va se dérouler dans les 18 prochains mois".

La réforme ferroviaire a été définitivement adoptée jeudi par le Parlement.

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