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Ryder Cup: le rendez-vous manqué des Frenchies

Ryder Cup: le rendez-vous manqué des Frenchies
Le golfeur français Victor Dubuisson sur le parcours de Kingston Heath à Melbourne, le 26 novembre 2016WILLIAM WEST

Dans l'histoire de la Ryder Cup, il y a toujours eu un représentant du pays hôte, pas cette fois: le meilleur Français Alexander Lévy, mais aussi les autres Tricolores ont échoué dans cette quête presqu'impossible, de disputer cette compétition reine à Saint-Quentin-en-Yvelines fin septembre.

Ils en ont tous rêvé. Et depuis plusieurs années. Jouer une Ryder Cup, en France, pour la première fois de l'histoire, c'est un peu, pour un golfeur français, comme remporter une médaille d'or olympique. Forcément, ça motive. Mais voilà, faire partie des 12 meilleurs golfeurs européens de la saison n'est pas simple.

Il y a six mois, le challenge paraissait pourtant jouable. Ils étaient plusieurs à pouvoir y prétendre, ou en tout cas avec le potentiel dans leur grip. Victor Dubuisson, le plus doué d'entre eux, le plus insaisissable aussi, avait déjà goûté à la Ryder (remportée par l'Europe en 2014), Alexandre Lévy, Romain Wattel, Mike Lorenzo-Vera... La surprise pouvait aussi venir d'eux, même s'ils partaient de loin.

Mais en avril, Victor Dubuisson, celui qui avait a priori le plus de chances, jette l'éponge, contraint, en raison de problèmes d'oreille interne, de quitter le circuit pendant au moins six mois. Les chances bleues s'amincissent alors considérablement.

- Lévy était dans le rythme -

Alexander Lévy, seul Français à avoir remporté deux tournois européens en une saison (2015), semble reprendre le flambeau. Son début de saison se déroule idéalement. Meilleur Tricolore, il enchaîne trois top 10 sur cinq tournois et dans la foulée de l'annonce du forfait de Dubuisson, remporte le trophée Hassan II fin avril à Rabat, au Maroc, et intègre le top 50 mondial. L'exploit est en marche pour le seul Bleu dans le top 100 à l'époque...

Sauf qu'il vient d'atteindre le point haut de sa saison. Il ne va plus faire que descendre ensuite. Un printemps sans le moindre top 30, un "cut" raté à l'US Open... Une lente déliquescence.

"Il aurait fallu qu'il maintienne le même rythme, estime Jean Van de Velde, l'un des trois Français à avoir disputé une Ryder Cup. Mais la pression n'a fait que s'accentuer".

"Alexander était dans le rythme qu'il fallait jusqu'au mois de mai et après, lorsque les gros tournois sont arrivés, il n'a pas suivi", résume le troisième lauréat Bleu de Ryder, Thomas Levet.

Juste avant l'Open de France fin juin, sur le parcours de la Ryder Cup, il peut encore espérer. Mais déjà, il confesse que pour lui, son niveau ne peut à l'époque lui permettre d'intégrer l'équipe européenne. Il passe tout juste le cut et finit dernier de l'épreuve (65e). Le train est passé.

D'autant que dans le même temps, un autre Bleu s'illustre: Mike Lorenzo-Vera signe une belle 16e place à l'Open de France et se rapproche du top 100. Certains se mettent même à rêver d'une énorme surprise avec le Basque...

- 3% de chances -

Une surprise qui n'arrivera pas. La barre était sans doute aussi peut-être trop haute pour les Français, qui, s'ils brillent par intermittence, vivent depuis des années pour la plupart au mieux dans le ventre mou du classement mondial (Lévy 89e, Lorenzo-Vera 97e).

"Non, le challenge n'était pas trop haut, réfute toutefois Thomas Levet. C'est juste que les places sont chères. Imaginez sur les quelques 30 millions de golfeurs européens, il n'y en a que 12 qui sont pris. Depuis que la Ryder existe, il n'y a eu que trois Français qui y ont participé. Ca doit faire 3% dans les statistiques. Donc ben, il y avait 3% de chances cette année."

"Pour pouvoir se qualifier, il faut faire un top 10 quasiment chaque semaine, donc c'est extrêmement compliqué. Plein de Français pouvaient y arriver, pas que Alexander. Mais il faut chauffer la machine comme jamais", résume Levet.

"Moi, j'avais douze top 10, une victoire dans l'année, et un top 5 dans un Grand Chelem. Ils ont fait ce qu'ils pouvaient, et ça n'est pas passé", assure-t-il.

Peut-être pour la prochaine dans deux ans...

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