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Ryder Cup: place à la compétition et aux doubles

Ryder Cup: place à la compétition et aux doubles
Les Américains Patrick Reed et Tiger Woods à l'entraînement au Golf National de Saint-Quentin-en-Yvelines, le 27 september 2018Eric FEFERBERG

Le grand moment, attendu fébrilement depuis deux ans par les fans de la petite balle blanche est enfin arrivé. La Ryder Cup, affrontement devenu mythique entre l'Europe et les Etats-Unis, a débuté vendredi, pour la première fois en France, avec les premiers matches de double.

L'Américain Tony Finau a frappé le premier coup peu après 08h10 (06h10 GMT) dans une ambiance électrique, devant la tribune principale de 6.000 places, la plus grande de l'histoire de l'épreuve.

Près de 190.000 spectateurs sont attendus d'ici dimanche au Golf national de Saint-Quentin-en-Yvelines, aux portes de Paris, pour assister à trois jours de compétition réunissant l'élite de la planète, dont la légende Tiger Woods.

La Fédération française de golf, qui a planifié l'échéance depuis 2011, peut déjà se satisfaire d'offrir un parcours superbe, celui de l'Albatros, et des infrastructures d'accueil dont la qualité a été louée par tous les acteurs.

Vendredi matin, quatre affrontements ont lieu dans une formule appelée "fourballs", où chaque joueur joue sa balle. Le premier duel oppose les Américains Brooks Koepka et Tony Finau à la paire européenne composée de l'Anglais Justin Rose et de l'Espagnol Jon Rahm.

Mais le match le plus attendu de la matinée a commencé à 08h55 (06h55 GMT).

L'Anglais Tommy Fleetwood et l'Italien Francesco Molinari y font face à Patrick Reed et Tiger Woods, qui a reçu une ovation debout lors de la traditionnelle cérémonie d'ouverture jeudi.

Le "Tigre", 42 ans et 14 titres du Grand Chelem au compteur, vient de signer un comeback tonitruant en remportant dimanche dernier son premier tournoi sur le circuit américain après cinq ans de disette.

Le capitaine américain Jim Furyk va-t-il profiter d'un effet "Tiger" pour saper la vigueur des encouragements en faveur de l'équipe qui reçoit ? Il a en tout cas lourdement insisté sur les liens d'amitié unissant la France aux Etats-Unis dans son discours.

Et Furyk a brouillé les cartes, volontairement ou non, en associant sa méga-star sur le retour, à qui tout est pardonné par un public à l'admiration béate, au bouillant Reed, qui se complaît dans le rôle du vilain en demandant à la foule de se taire ou en faisant semblant de ne pas entendre ses quolibets.

Au départ du premier trou, Reed a été logiquement hué, visiblement à son grand plaisir, alors que Woods a reçu de bruyants encouragements.

- Quatre "rookies" européens -

Leur duo semble en tout cas très complémentaire sur le papier, alors que le vainqueur de 14 Majeurs a connu beaucoup de déceptions en double lors de ses six précédentes Ryder Cup.

"Cela va être amusant pour nous deux", a commenté Woods, un peu en délicatesse à l'entraînement jeudi avec son petit jeu sur les greens.

Le soutien très œcuménique dont il bénéficie depuis mardi n'a pas de précédent dans cette compétition d'ordinaire à couteaux tirés.

Le public français, sans joueur tricolore à soutenir, s'est pour l'instant montré timoré dans l'invective des adversaires lors des journées de reconnaissance.

Le capitaine européen Thomas Björn a néanmoins pu constater que son équipe recevait un fort soutien au moment du premier "tee shot" grâce aux nombreux Britanniques, Hollandais et Irlandais présents.

Alors qu'il lance dans l'arène quatre "rookies" vendredi matin, le Danois a choisi de ne pas encore aligner l'Anglais Ian Poulter, au pedigree impeccable en Ryder Cup et qui a l'habitude de galvaniser équipiers et supporters.

Il est d'ailleurs venu faire un peu de "clapping" avec les spectateurs avant le début de la session vendredi matin.

Joueur le plus applaudi côté européen avec le Nord-Irlandais Rory McIlroy et l'Espagnol Sergio Garcia, "Poults", 42 ans, sera peut-être appelé dès vendredi après-midi si les choses se gâtent.

"Je vis pour la Ryder Cup, je ferai tout pour gagner tous mes matches", a-t-il assuré.

Les Américains ont bien l'intention de gagner sur le sol européen, ce qu'ils n'ont pas accompli depuis 1993.

L'armada US envoyée sur le sol français pour briser l'hégémonie européenne n'a sans doute jamais été aussi forte.

Avec notamment le N.1 mondial, Dustin Johnson, un récent triple vainqueur de Majeurs (US Open 2017 et 2018, USPGA 2018) en la personne de Brooks Koepka, et deux jeunes loups déjà passés par le premier rang mondial, Jordan Spieth et Justin Thomas, associés vendredi matin, cette équipe a de quoi impressionner.

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