Ryder Cup: Thomas Björn veut "impliquer les gens qui ne sont pas fans de golf"

Ryder Cup: Thomas Björn veut
Le Danois Thomas Björn, capitaine de l'équipe européenne, près du trophée de la Ryder Cup, lors d'une conférence de presse à Paris, le 17 octobre 2017FRANCK FIFE

Le Danois Thomas Björn, capitaine de l'équipe européenne, veut "impliquer les gens qui ne sont pas fans de golf" lors de la Ryder Cup qui aura lieu en France, au Golf national (Saint-Quentin-en-Yvelines), du 28 au 30 septembre.

Q: Comment voyez-vous votre rôle de capitaine ?

R: "Le plus important est de comprendre le golfeur moderne et son fonctionnement. J'ai l'avantage de bien connaître les joueurs. Mon comportement doit être déterminé par les douze qui constitueront l'équipe plutôt que dire: +c'est comme ça que je vais être et vous devez faire avec+. Il ne s'agit pas de moi, c'est à eux de briller. Ils ont la possibilité de créer certains des souvenirs les plus forts de leur vie durant cette semaine. Je suis juste là pour créer l'environnement qui leur permettra de donner le meilleur d'eux-mêmes."

Q: Que pensez-vous des performances des candidats à une place dans votre équipe ?

R: "Il est encore tôt mais il y a déjà eu de bonnes performances, particulièrement dans les dernières semaines avec les victoires de Paul Casey et Rory McIlroy aux Etats-Unis (dans le Valspar Championship et l'Arnold Palmer Invitational respectivement, ndlr). La confiance est essentielle et elle croît avec les succès. C'est important pour les autres également, pour se dire: +nous aussi devons bien jouer+. Ils ont tendance à se motiver les uns les autres, donc les résultats viendront."

Q: Un Français peut-il se faire une place dans votre équipe ?

R: "Je suis le capitaine de l'équipe européenne, pas de l'équipe de France ou autre. Je connais les forces des Américains donc je vais dire ce que j'ai toujours dit: il nous faut les douze meilleurs joueurs européens pour avoir une chance de gagner, quelle que soit leur nationalité. Je comprends que la France aimerait voir un joueur français mais tous les pays veulent la même chose. (...) Je pense que deux ou trois Français en ont la capacité mais vont-ils le faire ? Je ne veux pas en faire une préoccupation. Ca serait un bonus d'avoir un joueur français mais ça ne dépend pas de moi, ça dépend d'eux."

Q: La présence d'un Français pourrait fédérer le public...

R: "Préférez-vous une équipe qui perd avec deux Français ou qui gagne sans aucun ? Pour moi, l'important est de gagner. La France n'a pas une longue histoire en matière de golf, donc il est difficile de savoir comment amener les gens à nous. Mais je crois qu'une équipe composée des meilleurs joueurs européens recevra un soutien incroyable parce que l'important n'est pas qui sont les douze mais le fait que la Ryder Cup a lieu en France. J'ai assisté à la finale de la Coupe du monde de football en 1998, à l'Euro-2016 et j'ai remarqué que, quand ce pays accueille de grands événements sportifs, le public est derrière l'événement et pas seulement derrière son équipe."

Q: Quels seront vos critères pour attribuer vos quatre +wild cards+ (invitations) ?

R: "Il y a plusieurs choses qui entrent en ligne de compte, par exemple si certains joueurs ont manqué de peu la qualification mais sont en grande forme ou trouver l'équilibre entre novices et joueurs d'expérience. Il faut les douze golfeurs les plus forts pour avoir une chance de gagner mais, entre le onzième et le treizième, la marge est faible et ça devient une question d'opinion personnelle. C'est moi qui ferai ces choix difficiles. Je crois que, sinon, l'expérience de capitaine n'est pas aussi appréciable car les bonnes choses prennent de la valeur quand il y a des choix difficiles à faire."

Q: Tiger Woods revient, c'est une mauvaise nouvelle pour l'Europe ?

R: "Pour le golf, c'est mieux que Tiger Woods joue ! Ca serait un énorme bonus pour la Ryder Cup, s'il était capable de revenir parmi les douze meilleurs Américains. J'ai beau être capitaine, je suis fan de golf et je veux le meilleur pour ce sport. Ca apporterait tellement s'il était de retour au meilleur niveau et intégrait l'équipe américaine. (...) Il est la super star ultime et c'est important pour notre discipline."

Q: Jouer à Paris a-t-il une saveur particulière ?

R: "Les joueurs sont excités, même si, pour eux, ça ne changera pas grand chose car ils ne voient presque que le golf et l'hôtel. Mais pour tous les autres, ça va être énorme. C'est la première fois que la Ryder Cup s'organise dans une grande ville européenne et je crois que ça aura un impact sur comment elle est perçue. J'espère que nous arriverons à impliquer des gens qui ne sont pas fans de golf. C'est différent d'un autre tournoi car c'est un continent que nous représentons. Qu'on soit de Finlande ou de Grèce, nous tous supportons la même équipe."

Propos recueillis par Raphaëlle Peltier lors de la Winter Golf Cup à Val d'Isère.

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