Salaires: Air France fait un pas vers les pilotes, sans succès

Salaires: Air France fait un pas vers les pilotes, sans succès
La direction d'Air France a proposé aux syndicats de pilotes une "démarche de négociation" sur les salaires, un geste accueilli froidement par les intéressésKENZO TRIBOUILLARD

La direction d'Air France a proposé aux syndicats de pilotes une "démarche de négociation" sur les salaires, un geste accueilli froidement par les intéressés qui y voient une "tentative maladroite" de diviser l'intersyndicale appelant à la grève vendredi.

Onze syndicats d'Air France, tous métiers confondus, appellent à cesser le travail les 23 et 30 mars pour obtenir une augmentation générale de 6%, après une première journée de grève le 22 février.

"Même si nos marges de manœuvre sont encore très faibles, j'ai entendu les demandes de vos représentants", a écrit le PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, dans un courrier aux pilotes de la compagnie tricolore consulté mardi par l'AFP.

"La seule voie est celle de négociations qui devront être +gagnant-gagnant+ avec vos organisations syndicales. Nous y sommes prêts, et Franck Terner (le directeur général d'Air France, NDLR) va prendre l'initiative de cette démarche avec vos représentants", a-t-il ajouté.

Soulignant que "les pilotes jouent un rôle essentiel dans une compagnie aérienne", M. Janaillac se dit "convaincu" que les négociations pourront "apporter des réponses à un certain nombre de vos attentes".

Le SNPL, le Spaf et Alter (non représentatif) revendiquent une augmentation générale de 6%, à l'instar des autres membres de l'intersyndicale (CGT, FO, Sud, SNPNC, Unsa-PNC, CFTC, SNGAF) et de l'Unac. Ils réclament en outre 4,7% supplémentaires pour les pilotes.

"Tant que nous n'aurons pas de propositions concrètes et satisfaisantes, nous devons maintenir la pression" et donc les deux journées de grève, a écrit dans un tract le SNPL, majoritaire chez les pilotes, en réponse au courrier du PDG.

Le texte de M. Janaillac est une "tentative maladroite autant que malsaine de diviser l'intersyndicale en faisant croire à de prétendues négociations pilotes", a fustigé auprès de l'AFP le président du Spaf (2e syndicat de pilotes), Grégoire Aplincourt.

"Un, ça n'a pas eu l'effet escompté du côté pilotes, deux il renforce le sentiment de défiance vis-à-vis de la direction", a réagi Karim Taïbi de FO. "Les 40.000 personnels au sol et PNC (hôtesses et stewards) apprécieront de savoir qu'ils ne servent à rien chez Air France", a-t-il ajouté.

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